"Gauche ultra-caviar", "bling-bling"... Cette photo fait scandale
- © Photo AFP
C'est une coïncidence qui tombe mal. Alors que le PS célébrait le 30e anniversaire de la victoire de François Mitterrand, la presse s'enflammait sur une photo de Dominique Strauss-Kahn. Le cliché, signé AFP, montre le président du FMI monter dans une Porsche Panamera. Un modèle à 100.000 euros environ.
Depuis, les journalistes passent au crible le train de vie du potentiel candidat socialiste en 2012. Appartements Place des Vosges et dans le XVIe arrondissement à Paris, maison à Washington, riad à Marrakech, costumes sur mesure "chez le tailleur d'Obama"...
"DSK, c'est la Porsche tranquille !", ironise le porte-parole de l'UMP, François Baroin. Une allusion à "La force tranquille", slogan de François Mitterrand en 1981. "Cela signifie que le Parti socialiste évolue curieusement. En 1981, c'était le poing et la rose. Aujourd'hui, c'est la Porsche au volant", renchérit Brice Hortefeux.
La Porsche en question appartiendrait en fait à un ami, porte-parole du groupe Lagardère, Ramzi Khiroun. Mais le mal est fait. La publication de cette photo relance les critiques récurrentes à l'encontre de l'ex-ministre, jugé par certains trop riche pour être un socialiste honnête. Son poste au FMI et la fortune familiale de son épouse, Anne Sinclair lui confèrent une image "gauche ultra-caviar", comme l'avait dénoncé le patron des députés UMP, Christian Jacob. Une réputation d'ultra-libéral qui convient mal à un candidat socialiste à la présidentielle. Surtout depuis que la crise mondiale est passée par là.
Pour Laurent Joffrin, du Nouvel Observateur, Dominique Strauss-Kahn peut surmonter cet obstacle. "Il compte renverser le raisonnement. Pour lui, un homme qui maîtrise les arcanes de l'économie mondiale est mieux à même de conduire le pays au milieu d'une tourmente planétaire".
Encore faut-il qu'il parvienne à se défaire de son côté "bling-bling". Celui-là même qui colle encore à la peau de Nicolas Sarkozy, quatre ans après son élection, et malgré ses efforts pour faire profil bas.
Julie Coste (DioraNews)