Question du 10 mai 2011 Lire la question de ce jour

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Laurent Wauquiez a allumé une vive polémique en proposant des contreparties au RSA Laurent Wauquiez a allumé une vive polémique en proposant des contreparties au RSA - © Photo AFP

La polémique lancée par Laurent Wauquiez est en train de créer un nouveau clash au sein de son camp. En s'en prenant aux bénéficiaires du RSA, le ministre des Affaires européennes a en effet non seulement scandalisé la gauche, mais également ouvert un nouveau front à droite autour duquel s'affrontent les partisans d'un "filet social" et ceux qui veulent venir à bout de "l'assistanat".

Laurent Wauquiez a proposé en début de semaine de réclamer aux bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) cinq heures hebdomadaires de travail de service social, de "plafonner le cumul de tous les minimas sociaux à 75% du Smic" et enfin d'établir une durée minimale de travail pour que les étrangers puissent bénéficier du système social français. Toute la gauche a aussitôt dénoncé une stigmatisation des plus pauvres. "Toute l'idée de Wauquiez c'est de dire que ceux qui sont dans cette misère c'est parce qu'ils le veulent bien", a réagi le sénateur PS David Assouline. À l'extrême droite non plus, ces propositions ne font pas l'unanimité. Le FN réclame effectivement la suppression des minimas sociaux pour les étrangers, mais appelle également le gouvernement à ne pas considérer les Français comme des "assistés".

Surtout, c'est dans son propre camp que Laurent Wauquiez a allumé la controverse la plus vive. Des cris ont fusé à l'Assemblée et les petites phrases font désormais florès. "Wauquiez, c'est 3615 j'existe", aurait-on ainsi commenté dans le camp de Jean-François Copé. Roselyne Bachelot, elle, a dénoncé "un certain discours de beaufitude et des propos de comptoir". Une déclaration accueillie sous les huées d'une partie de l'UMP. Xavier Bertrand a aussitôt rétorqué que "ce n'est pas ce qu'on entend dans les comptoirs, mais c'est la réalité". "C'est un vrai sujet", a ajouté Jean-François Copé. C'est en effet parmi les députés UMP que la polémique a été la plus enflammée. Eric Ciotti a estimé que les propositions Wauquiez étaient "largement majoritaires dans notre électorat", quand son collègue Lionnel Luca a jugé que "le vrai cancer du pays, c'est le chômage, ce ne sont pas les chômeurs !"

Au gouvernement, en revanche, on tente de calmer le jeu. Et surtout de sauver une réforme (le RSA) initiée sous le mandat de Nicolas Sarkozy. "Il y a des limites au débat au sein du gouvernement !", a asséné, agacé, François Fillon, "il faut corriger les excès du RSA mais assumer la décision que nous avons prise". Et il ajoute: "Il ne faut pas qu'on s'ingénie à détruire le bilan" de Nicolas Sarkozy. Quant à Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, elle, a peu apprécié que Laurent Wauquiez se mêle d'un dossier qui dépend d'elle. Celle-ci a donc souligné "les difficultés de principe et de mise en oeuvre" des propositions de Laurent Wauquiez.

Martin Hirsch, qui fut le père du RSA, s'est insurgé, affirmant que "tous les coups ne sont pas permis face à la vulnérabilité des gens". Il a également rappelé que les allocataires du RSA sont obligés de rechercher un emploi. Il souligne enfin que ces heures de services social "gratuites" risqueraient de priver d'autres employés de leur travail.

En attendant, la direction nationale de l'UMP trouve l'idée intéressante et Jean-François Copé a choisi d'en faire une contribution importante" à la prochaine convention du parti sur la "justice sociale", le 8 juin.

Caroline Magnan (DioraNews)
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