Entre 1976 et 2009, environ 500 patients seraient morts en France d'avoir pris du Mediator
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"Les médecins ne seront pas les payeurs. Je le dis très clairement". Xavier Bertrand s'est voulu rassurant pour la profession dans l'émission "C Politique", dimanche sur France 5. Le ministre de la Santé a affirmé que les médecins ne mettront pas la main à la poche pour indemniser les victimes du Mediator. "Mettre sur un même plan le laboratoire Servier et les médecins, c'est n'importe quoi, c'est ahurissant", a-t-il poursuivi.
La Sécurité sociale a chiffré à au moins 1,2 milliard d'euros ce que lui a coûté le Mediator en plus de 30 ans de commercialisation, apportant un élément supplémentaire à charge contre Servier, même si la note finale présentée au laboratoire reste floue. La possible mise en cause des médecins a provoqué une réaction immédiate de ces derniers qui ont fait part de leur indignation. "Je trouve cela particulièrement scandaleux que l'on cherche des boucs émissaires dans cette affaire à travers les médecins prescripteurs", a réagi sur Europe 1 Claude Leicher, président de MG France (premier syndicat des généralistes).
Xavier Bertrand a voulu tout de suite désamorcer une future polémique : "Ceci fait suite à un article sur la base de documents préparatoires et pas à partir du texte en lui-même" qui "sera présenté mercredi en Conseil des ministres", faisant allusion au texte créant le fonds public d'indemnisation des victimes du Mediator. Une source anonyme "qui a participé à la rédaction du texte", citée dans l'édition de samedi du Figaro, assurait pourtant que "les payeurs seront soit le laboratoire Servier, soit les médecins qui ont prescrit le Mediator hors des indications reconnues".
Et le ministère de la Santé de préciser que les médecins pourront être appelés "à "rentrer dans la procédure" d'indemnisation des victimes du médicament. "Cela signifie que les médecins pourront être amenés à participer à l'indemnisation des victimes s'il est établi après expertise médicale qu'ils ont une part de responsabilité".
Entre 1976 et 2009, plus de 500 patients seraient morts en France d'avoir pris cet anti-diabétique, notoirement détourné comme coupe-faim. Et plus de 3 500 auraient été hospitalisés pour des lésions des valves cardiaques. Ces chiffres sont issus d'une nouvelle analyse que Le Figaro s'était procurée et dont les résultats ont été présentés en décembre 2010 à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Ce document insistait sur le fait que cette estimation de mortalité est "a minima". Des formes bénignes auraient également concerné des dizaines de milliers de patients. Dans ce contexte, l'Afssaps avait recommandé aux patients ayant pris du Mediator pendant au moins trois mois, entre 2006 et 2009, de consulter leur médecin traitant.