A Paris, beaucoup d'automobilistes préférent risquer une amende que payer leur stationnement
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Cette fois, c'est en route : l'amende pour non-paiement de son stationnement va bien augmenter de plus de 50 % au 1er août. François Baroin l'avait annoncé en février, mais sans préciser de date. C'est le président du Comité des finances locales, le député UMP Gilles Carrez, qui l'a confirmé: faute de ticket d'horodateur valable, les automobilistes devront payer 17 euros d'amende, et ce, dès cet été. C'est donc la fin d'un tarif qui n'avait pas augmenté depuis 25 ans, malgré le passage à l'euro. En fait, à l'époque, l'amende avait même perdu 3,8 % (en passant de 75 francs à 11 euros).
Cela faisait des années que les collectivités territoriales réclamaient cette augmentation, estimant que les 11 euros de l'amende actuelle n'étaient pas suffisamment dissuasifs pour contraindre les automobilistes à payer leur place de parking. A Paris, par exemple, 9 automobilistes sur 10 feraient le choix de risquer un PV plutôt que de passer par l'horodateur.
Alors cette augmentation limitera-t-elle cette dérive ? Pas si sûr, à en croire Rémy Josseaume, président de la commission juridique à l'association 40 millions d'automobilistes. Il affirme à RMC que "les automobilistes vont les contester avec plus de force, parce qu'ils vont considérer que ces amendes-là ne sont pas justifiées et qu'on ne peut pas cumuler un certain nombre d'amendes de ce montant-là, qui peuvent atteindre des sommes très importantes, tout simplement parce qu'on est allé travailler et qu'on a laissé son véhicule sur la voie publique." Et Matthieu Lesage, avocat de la même commission explique : "A l'origine, l'amende a été créée pour faciliter la circulation des voitures. En quoi cette hausse va régler le problème de places de stationnement dans les grandes villes ? Aujourd'hui, le PV de stationnement est juste une question d'argent qui rend service aux municipalités, plutôt qu'aux conducteurs."
Il faut dire que cette hausse rapportera effectivement 24 à 36 millions d'euros supplémentaires chaque année aux communes qui touchent directement le montant des amendes de stationnement. L'an dernier, elles ont ainsi récupéré près de 600 millions d'euros qui servent à financer des politiques de transport en commun ou des aménagements urbains. Certains élus trouvent d'ailleurs que la pilule n'est pas si amère : 6 euros d'augmentation en 25 ans, cela fait 24 centimes par an. Et ils ajoutent que, de toute façon, ils préfèreraient que personne ne paye d'amende mais que chacun paye son stationnement...
Enfin, turbo.fr estime que "l'on a échappé au pire". En effet, Gilles Carrez aurait voulu que chaque commune puisse elle-même fixer le montant de son amende, en fonction du coût du stationnement sur son territoire. Mais, pour cela, il faudrait dépénaliser ces PV ce qui, selon le député, est compliqué par des obstacles juridiques même s'il reconnaît qu'il y a "une différence entre mal se garer à Saint-Flour ou sur les Champs-Elysées".
Caroline Magnan (DioraNews)