Laurent Blanc en conférence de presse.
- © Photo AFP
L'affaire pourrait avoir des répercussions fâcheuses... Tout est parti du site internet Mediapart jeudi soir. Le site d'information lâche une bombe qui, dans les 48h, fera des dégâts considérables au sein de la Fédération Française de Football. De nombreuses personnalités vont être éclaboussées par ce qui pourrait être le plus gros scandale jamais connu dans le sport en France. Explications...
Jeudi soir, Mediapart lâche son missile médiatique: "Pour les plus hautes instances du football français, l'affaire est entendue: il y a trop de Noirs, trop d'Arabes et pas assez de Blancs sur les terrains." La déflagration est gigantesque. Tollé général vendredi dans le monde du foot. Laurent Blanc monte au créneau et dément avec vigueurs ces propos: "On ne peut pas faire des quotas dans le football."
Qu'à cela ne tienne, samedi, Mediapart enfonce le clou et publie, en ligne, le verbatim de la réunion du 8 novembre 2010, rassemblant les principaux cadres techniques de la FFF. Les propos sont là, sur le papier. Inimaginables... La machine médiatique se met en marche. Plus personne ne pourra l'arrêter.
Samedi, en fin de journée, le Directeur technique national fait les frais d'une décision prise au ministère des Sports. Il est suspendu de ses fonctions. François Blaquart, puisque c'est de lui qu'il s’agit, est dans l'oeil du cyclone. Va-t-il servir de fusible ? Chantal Jouanno est atterrée. Laurent Blanc est obligé de s'excuser la rage au ventre. Il ne retire rien de ses propos, mais l'homme semble touché. Blessé... Va-t-il résister à la tourmente ?
Le verbatim. Le document de Mediapart est long et fastidieux. Laurent Blanc y apparaît calme et mesuré. Il reste très souvent sur l'aspect sportif même si parfois il s'en écarte. "Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants (il parle des joueurs) ? Les Blacks (...) Je crois qu'il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir d'autres critères, modifiés avec notre propre culture."
Toujours selon Mediapart, le sélectionneur de l'équipe de France Espoirs (Erick Mombaerts) demande: "Est-ce qu'on s'attelle au problème et on limite l'entrée du nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité ?"
Laurent Blanc: "Moi j'y suis tout à fait favorable". Une phrase qui pourrait lui coûter cher.
Dimanche, jour de messe, les analystes et consultants s'en donnent à coeur joie sur toutes les radios et chaînes de télé. Lilian Thuram est l'invité du magazine Téléfoot. Ses propos sont durs, violents. "Quand est-ce qu'on va arrêter de dire que lorsque vous êtes Noir, vous courez plus vite ? Que lorsque vous êtes Noir, vous êtes moins intelligent?" "Ils jouent pour quel pays Karim Benzema, Samir Nasri et Yann Mvila ? Quand vous partez avec la mauvaise analyse, à la fin vous avez forcément les mauvaises propositions". Fermez le banc.
Et puis l'affaire prend un tour politique. Plusieurs responsables de gauche protestent et exigent des sanctions. La droite reste discrète. Silence étonnant au Front national...
Les mauvaises langues glisseront que Raymond Domenech doit bien ricaner dans son coin... Le foot français est très mal en point. Peut-il encore s'en sortir ? Les prochaines semaines s'annoncent délicates.
Michel Barisano (DioraNews)