"La loi interdit de frapper un adulte ou un animal, et c'est normal. La loi doit interdire de frapper un enfant", affirme le Dr Lazimi
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"Des parents qui battent ont souvent été des enfants battus. Eduquons sans violence. Ni claques, ni fessées". Une nouvelle campagne a été lancée mercredi par la Fondation pour l'enfance. Un spot choc, diffusé jeudi à la télévision, met en scène une enfant de 8 ans recevant une claque de sa mère pour un verre renversé par maladresse. La grand-mère, qui assiste à la scène, demande alors "pardon" à sa fille, tandis que la petite fille pleure.
Alors pour ou contre la fessée ? C'est l'éternel débat, qui a fait l'objet d'une réunion au sommet mardi à Strasbourg. Sous l'égide du Conseil de l'Europe et en coopération avec l'ONG Save the Children, plusieurs spécialistes, opposés aux châtiments corporels infligés aux enfants, étaient amenés à faire le point, 30 ans après son interdiction en Suède. Actuellement, 20 pays européens ont instauré l'interdiction de la fessée et 8 autres se sont engagés à le faire. En France, la députée UMP Edwige Antier, pédiatre réputée, a récemment déposé une proposition de loi qui vise à interdire les châtiments corporels sur les enfants. Mais rien ne garantit qu'elle soit débattue en séance publique, voire votée. Le débat dépasse de loin les frontières européennes. L'Université Tulane, à la Nouvelle-Orléans, a mené des travaux de recherche publiés ce mois-ci dans le journal Pediatrics. Il en ressort que les enfants à qui l'on administre plus souvent la fessée à l'âge de 3 ans sont plus prompts à l'agressivité à l'âge de 5 ans.
C'est que cette pratique semble avoir le vent en poupe dans l'Hexagone. Selon une étude menée en 2006 par l'Union des familles en Europe, la génération actuelle s'y adonne davantage que la génération précédente. Plus généralement, 45% des Français voient la fessée comme un outil d'éducation, alors que 52% pensent que c'est un geste à éviter, selon un sondage TNS Sofres/Logica pour Dimanche Ouest France réalisé en 2009. De leur côté, les spécialistes, pédopsychiatres et pédiatres, sont formels : cette punition physique ne sert à rien, pas plus que la gifle.
De gifles, il en a été question vendredi dernier à Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne. Jérôme Cahuzac a asséné deux gifles à un jeune de 20 ans venu vers lui pour le "bousculer" selon ses dires, et qui l'a ensuite agressé verbalement par "un tutoiement et des insultes basses et vulgaires". Auparavant, des commerçants s'étaient plaints auprès du maire PS des incivilités commises par des bandes de jeunes. L'attitude de Jérôme Cahuzac rappelle un autre épisode, en 2002. François Bayrou avait donné une "taloche" à un gosse, Yacine, 11 ans, pris la main dans sa poche dans une cité de Strasbourg. A l'époque candidat UDF à la présidentielle, il avait reçu énormément de félicitations de gens croisés dans la rue et de politiciens de tout bord, ce qui avait lancé sa campagne.