La centrale nucléaire de Cruas Meysse, près de Montélimar.
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La date est symbolique. Il y a exactement 25 ans, le 26 avril 1986, un accident sans précédent se produisait au sein de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine). 200 000 personnes ont dû être évacuées. Il est, même aujourd'hui, difficile de chiffrer le nombre de morts tant la bataille des chiffres est délicate. Tout le monde pensait le dossier enfoui bien loin dans les mémoires. C'était sans compter sur le tsunami qui a frappé le nord-est du Japon le vendredi 11 mars, déclenchant plusieurs accidents nucléaires graves dans la centrale de Fukushima. Depuis, le débat est relancé dans de très nombreux pays. A commencer par la France...
Nicolas Hulot, fraîchement candidat pour 2012, avait choisi de passer son lundi de Pâques en Alsace. Il s'est rendu dans la région où est née l'écologie politique à une manifestation pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Mais l'ex-animateur de TF1 n'a pas reçu un accueil triomphal. Difficile de faire oublier les grandes entreprises sponsors de sa fondation et la marque Ushuaïa à laquelle son nom est associé. Et les quolibets n'ont pas tardé. Lorsqu'il arrive sur le pont de l'Europe reliant Strasbourg et Kehl (Allemagne), des quolibets fusent très vite... "Nicolas, t'as ton shampoing Ushuaïa ?" "Il a bossé pour les bétonneurs!", "On prend pas un mec de TF1 pour représenter l'écologie!"... Hulot va devoir sortir les rames pour s'imposer dans la campagne, mais son discours sur le nucléaire se fait plus ferme.
"Fukushima a achevé de me convaincre", répète le baroudeur avant d'ajouter: "Je suis là pour dire que la sortie du nucléaire doit dorénavant être un objectif acté (...) Laissez-moi du temps pour convaincre que ce n'est pas une posture. Je ne désespère pas dans les semaines à venir de me faire entendre".
En Allemagne ce sont plus de 100.000 manifestants anti-nucléaires qui ont défilé dans tout le pays. Ils réclamaient l'abandon de l'atome sur 12 sites allemands en déclarant "que la population ne fait pas confiance au gouvernement en matière de politique nucléaire". Les réacteurs allemands devaient initialement fermer d'ici 2020 mais Angela Merkel leur avait accordé à l'automne dernier un sursis de douze ans. Un accord qui bien entendu ne tient plus depuis Fukushima.
Même l'Italie de Berlusconi s'inquiète. Le gouvernement a donné il y a quelques semaines un coup d'arrêt à son programme de retour au nucléaire et annoncé "une nouvelle stratégie énergétique".
De nombreux pays se posent clairement la question. La campagne pour la présidentielle de 2012 pourrait bien être le coup d'accélérateur pour un arrêt ferme et définitif des centrales nucléaires françaises. Reste encore à savoir quelles solutions de remplacement proposeront les différents candidats.
Selon un sondage récent pour France 2, les Français seraient 58% à être favorables au nucléaire. Ils se situent au sixième rang mondial des populations les plus favorables au nucléaire, derrière les Chinois, en tête avec 70%, les Sud-Coréens (64%), les Nigérians (63%), les Bulgares et les Tchèques (61%).
Michel Barisano (DioraNews)