Xavier Bertrand a confirmé que le gouvernement envisageait des primes, dans les grandes entreprises
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Annoncé avec bruit la semaine dernière par François Baroin, le projet d'une prime pour les salariés des entreprises distribuant des dividendes commence à créer une véritable confusion au sein du gouvernement.
Le ministre du Budget avait parlé d'une mesure intégrée au projet de loi de finances rectificative de juin pour imposer aux entreprises "de mieux répartir les résultats des bénéfices" grâce à des primes versées aux salariés d'un montant "d'au moins 1 000 euros". "La priorité du gouvernement", affirme François Baroin, "c'est améliorer le pouvoir d'achat des Français", miné par les hausses de prix et la faible évolution des salaires. Les entreprises du CAC 40, elles, enregistrent environ 80 milliards d'euros de profits annuels et versent 40 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires.
Mais le Medef et la CGPME avaient aussitôt affiché leur hostilité à ce projet, refusant que l'Etat se mêle d'un sujet qui relève, selon eux, des partenaires sociaux. Ils craignaient également qu'une telle prime soit néfaste pour nombre d'entreprises. Les syndicats de salariés n'étaient pas plus enthousiastes. Pour la CFTC et la CFDT, la proposition gouvernementale laissait de côté trop de salariés. La CGT et FO réclamaient plutôt une "augmentation des salaires".
La CGPME avait donc suggéré un autre dispositif: une exonération de charges sociales pour toutes les entreprises qui choisiraient de distribuer une prime, et pas seulement les grosses entreprises qui distribuent des dividendes.
Mais Xavier Bertrand a confirmé depuis que la mesure ne toucherait que "les entreprises dans lesquelles il y a des dividendes qui progressent", sous-entendu les grandes entreprises principalement. Pour les autres: "il faut que ce soit les salaires qui bougent".
Quant à Christine Lagarde, elle a tenté de rassurer les entrepreneurs en estimant qu'on ne pouvait pas "donner un caractère obligatoire" à ce montant de 1 000 euros et que la prime en elle-même devrait être "négociée entre d'une part les patrons et d'autre part les représentants des salariés".
Au final, la prime, si elle est créée, devrait donc concerner peu d'élus.
Caroline Magnan (DioraNews)