Après le massacre de nombreuses brebis dans les Vosges, les soupçons se portent sur un loup
- © Photo AFP
Dans les Vosges, ces derniers jours, ce sont des craintes venues du fond des âges qui ressurgissent. Des craintes qui ont inspiré les contes de fées et des siècles de cauchemar. Le loup, qui n'a pas donné signe de vie dans la région depuis 80 ans, serait de retour. 24 brebis ont été égorgées depuis une semaine près de Ventron, petit village de montagne. Une dizaine d'autres ont été blessées et plus de 20 ont disparu, sans doute en fuite, terrifiées.
Dans un premier temps, on a pensé à des attaques de lynx, régulières dans la région. On a également parlé de chiens, mais les habitants en doutent :"on les aurait vus ou entendus", assure un éleveur, "pour nous, c'est forcément des loups". D'ailleurs, le directeur de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) des Vosges en convient: "certains aspects de prédation peuvent laisse penser à un loup". Mais pour en être sûr, les grands moyens ont été déployés: recherche de poils, d'empreinte, tests ADN...
En attendant, le débat resurgit. Ce prédateur a-t-il sa place en France ? Disparu des campagnes françaises dans les années 1930, c'est en 1992, dans le Mercantour, que le loup a refait surface, un loup d'origine italienne. Contrairement au retour de l'ours dans les Pyrénées, il ne s'agissait pas d'une réintroduction volontaire. Du moins pas officiellement: certains sont persuadés qu'il s'agit d'une action menée par des défenseurs des animaux. Plus probablement, les loups, ignorants des frontières, ont traversé les Alpes par leurs propres moyens. Toujours est-il que, depuis, l'espèce s'est propagée, s'installant dans les Pyrénées puis dans le Jura. Son retour dans les Vosges ne fait donc pas de doute. "La question n'est pas de savoir si le loup arrivera, mais quand il arrivera", affirme un expert.
Un pronostic qui ne réjouit guère les éleveurs de la région. Les attaques leur auraient déjà coûté plus de 10 000 euros. En effet, les brebis attaquées étaient sur le point de mettre bas. Au coût de la bête, il faut donc ajouter celui des agneaux perdus.
Un arrêté serait à l'étude pour autoriser, sous conditions, de tuer des loups. Mais ses défenseurs assurent que cette politique pourrait se révéler désastreuse sur un animal qui ne compterait pas plus d'une centaine d'individus sur le territoire.
Caroline Magnan (DioraNews)