Jean-Louis Borloo, jeudi soir lors de l'émission "A vous de juger" sur France 2
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Jean-Louis Borloo a fait un grand pas vers la présidentielle de 2012. Le président du Parti radical a annoncé son départ et celui de son parti de l'UMP, jeudi soir sur France 2 lors de l'émission "A vous de juger". Une annonce qui pourrait compliquer la donne pour Nicolas Sarkozy.
Pendant plus d'une heure et demie, Jean-Louis Borloo a souhaité lever certains des doutes qui pèsent sur ses intentions depuis qu'il a quitté le gouvernement, sans jeter de l'huile sur le feu qui consume lentement l'UMP ces derniers temps. "Le parti radical a proposé d'organiser l'aile sociale, humaniste de la majorité", a-t-il expliqué, en référence à la confédération des centres en cours de construction à laquelle sa formation participe aux côtés du Nouveau centre, de la gauche Moderne et de l'Alliance centriste.
D'ailleurs, plusieurs dirigeants de ces partis étaient présents sur le plateau dont Hervé Morin (NC) et Jean-Marie Bockel (GM). Pour sa part, André Rossinot a estimé que Jean-Louis Borloo, qui lui a succédé à la tête du Parti radical, est l'homme qui peut mettre la majorité présidentielle "à l'abri d'un 21 avril" en 2012, "sans la fragiliser".
Questionné sur sa candidature, Jean-Louis Borloo a lancé: "Je suis prêt [...] Si mes amis le souhaitent et s'ils pensent que c'est moi qui dois plutôt l'incarner. Alors, j'aurai à prendre ma décision personnelle", en ajoutant: "ce n'est pas une combine politicienne". Soupçonné par certains d'être le sous-marin de Nicolas Sarkozy chez les centristes, il a réfuté toute intention de porter une candidature d'appoint à celle du président. "Vous connaissez, vous, quelqu'un qui est candidat pour aider quelqu'un? Vous croyez que les Français sont assez stupides".
Interrogé sur ses éventuels concurrents en 2012, Jean-Louis Borloo a tendu la main à Dominique de Villepin qui a quitté lui aussi l'UMP: "Évidemment, il est le bienvenu Dominique!". Et d'enchérir: "Nicolas Hulot est quelqu'un que j'estime". Quant au président du MoDem, François Bayrou, il a jugé que "son problème, c'(était) d'avoir laissé se disperser sa famille politique". Mais, a-t-il ajouté, "on a besoin évidemment de lui et puis on cheminera ensemble, on verra bien".
Du côté de l'UMP, Jean-François Copé a regretté vendredi le départ de Jean-Louis Borloo, auquel il garde "beaucoup d'estime". François Fillon, s'adressant "à Jean-Louis Borloo, aux radicaux" et "aux centristes", a affirmé vendredi soir se reconnaître "dans plusieurs des valeurs qu'ils défendent" et exhorté à l'unité. Enfin, la déléguée générale du parti présidentiel, Nadine Morano, a prévenu qu'"il ne faudrait pas reconstituer la droite la plus bête du monde, la droite divisée d'avant 2002 (date de fondation de l'UMP ndlr) qui nous a menés à des échecs". Vendredi matin, l'ex-secrétaire d'État Rama Yade a indiqué qu'elle quittait à son tour l'UMP, pour emprunter "un chemin d'espérance".