La France a envoyé 150 soldats supplémentaires lundi pour protéger les expatriés à Abidjan
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Les forces de l'ONU et de la France ont finalement frappé à Abidjan, plus de 4 mois après le début d'une crise post-électorale qui a dégénéré en quasi-guerre civile. Les derniers bastions de Laurent Gbagbo ont été la cible de bombardements lundi soir. La résidence et le palais du président ivoirien sortant, ainsi que deux camps militaires qui lui sont fidèles, ont été visés. Deux Français ont par ailleurs été enlevés dans la capitale économique de la Côte d'Ivoire.
Alors que la télévision d'Etat - contrôlée par Laurent Gbagbo - affirmait que la sécurité des Français était assurée, la force Licorne a commencé à regrouper ceux qui le souhaitaient en trois endroits d'Abidjan, théâtre depuis jeudi soir de combats et de pillages. D'ailleurs, Paris a envoyé lundi 150 soldats supplémentaires pour protéger ses expatriés, portant l'effectif de la force Licorne à environ 1 650 hommes.
"Les opérations de regroupement ont commencé sur la base du volontariat. Deux nouveaux points de regroupement ont été établis, l'un à l'hôtel Le Wafou au sud des ponts et l'autre à l'ambassade de France au nord", a indiqué le ministère français des Affaires étrangères. Le troisième point de regroupement est le camp militaire français de Port-Bouët, où plus de 1 650 ressortissants étrangers (dont environ la moitié de nationalité française) avaient déjà trouvé refuge dimanche matin. 167 d'entre eux sont partis dimanche pour Dakar, et 250 lundi.
Dans le même temps, les forces d'Alassane Ouattara ont engagé lundi leur offensive sur Abidjan pour réduire les bastions de Laurent Gbagbo. Après avoir conquis en 4 jours le reste du pays, les combattants pro-Ouattara avaient investi la capitale économique mais échoué à prendre leurs deux objectifs majeurs: le palais présidentiel dans le quartier du Plateau et la résidence officielle du président sortant dans le quartier chic de Cocody.
La Commission européenne a appelé les deux rivaux ivoiriens à "protéger les civils" et à tout faire pour éviter de faire basculer "davantage" leur pays dans la guerre civile, après le massacre de plusieurs centaines de personnes dans l'ouest. Le Quai d'Orsay évalue à 12 200 le nombre de Français actuellement en Côte d'Ivoire, dont 11 800 à Abidjan.