La situation est toujours dangereuse à la centrale de Fukushima Daiichi, au Japon
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Il est facile de jouer les Cassandre sur le nucléaire mais... Les particules émises par la centrale japonaise de Fukushima sont attendues à partir de mercredi au-dessus de l'Hexagone. Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le panache dilué dans l'atmosphère aura un niveau de radioactivité "extrêmement bas". Et la plupart des spécialistes sont du même avis.
D'après l'Autorité de sureté du nucléaire (ASN), le nuage radioactif n'aura "aucune conséquence possible en terme de santé". Les retombées radioactives seraient "1 000 à 10 000 fois moins importantes que les retombées de Tchernobyl, il est donc tout à fait clair qu'à ce niveau de concentration, il n'y a aucune conséquence possible en terme de santé". Le directeur de la radioprotection à l'IRSN abonde dans le même sens : "Les enfants peuvent sortir, c'est inutile de se précipiter dans les pharmacies pour demander des comprimés d'iode, on peut consommer l'eau", précise Patrick Gourmelon.
Restant très prudent, le président de la CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité) estime qu'on ne peut affirmer aujourd'hui le caractère absolument inoffensif du nuage. Roland Desbordes rappelle aussi les effets sur l'organisme de l'irradiation : des cancers, de la thyroïde notamment, des anomalies génétiques à court et long terme. "Pour une exposition à de faibles doses, le risque est faible, mais il existe", assure-t-il. Et d'expliquer que les jeunes, les enfants en particulier, sont beaucoup plus fragiles que les adultes.
Cependant, la distance conséquente entre le Japon et la France, environ 15 000 km, devrait permettre au nuage de perdre considérablement en densité radioactive. Les vents devraient également préserver l'Hexagone de tout danger. Les concentrations attendues pourraient être de l'ordre de 0,001 Becquerels/m3 en France métropolitaine et dans les départements d'outre-mer de l'hémisphère nord. À titre de comparaisons, les valeurs mesurées au cours des jours suivants l'accident de Tchernobyl en France étaient de l'ordre de 1 à 10 Bq/m3 (le 1er mai 1986) et dépassaient les 100 000 Bq/m3 dans les premiers kilomètres autour de la centrale ukrainienne.
Météo France a précisé lundi que le nuage radioactif arriverait bien mercredi au-dessus de la France, mais qu'il circulerait de manière "immédiate". "Il ne va pas stagner, il va se déplacer dès mercredi tout en se diluant dans toute l'atmosphère. Les vents vont continuer, le nuage peut ainsi repartir vers le nord de l'Europe et l'Asie", explique l'agence météorologique. Elle insiste bien sur le fait que la teneur en radioactivité de ce panache sera "faible" au moment où il survolera nos têtes.
En revanche, la crainte d'une contamination radioactive s'est renforcée mardi au Japon. Certes, les différents organismes publics ont continué mardi à répéter que le niveau de radioactivité décelé dans la pluie, l'eau du robinet, ou dans certains aliments autour des réacteurs endommagés ne menaçait pas la santé. Mais le ministère de la Santé a demandé aux préfectures de Chiba et Ibaraki, à l'est de Tokyo, d'intensifier leurs contrôles sur les poissons et mollusques pêchés le long des côtes. Car des taux d'iode 131 et de césium 134, respectivement 126,7 fois et 24,8 fois plus élevés que les normes fixées par le gouvernement, ont été mesurés lundi dans l'eau de mer près de Fukushima.