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Alain Juppé vote au conseil de sécurité de l'ONU une résolution autorisant l'usage de la force en Libye Alain Juppé vote au conseil de sécurité de l'ONU une résolution autorisant l'usage de la force en Libye - © Photo AFP

Les prochaines heures s'annoncent cruciales en Libye. "Tout est prêt" pour une intervention militaire contre Tripoli. Tels sont les mots employés par le ministre français des Affaires étrangères. Alain Juppé s'est toutefois déclaré dans l'incapacité de présenter un calendrier précis de l'opération envisagée. Un sommet d'urgence, prévu samedi à Paris, permettra "d'analyser" la déclaration de cessez-le-feu de Tripoli et d'en "tirer les conclusions", a ajouté le chef de la diplomatie française.


Les Nations Unies ont adopté jeudi soir la possibilité de recourir à la force contre la Libye, si elle viole son propre espace aérien ou s'en prend à la population civile. La résolution a été saluée par les insurgés à Benghazi, leur fief, ainsi qu'à Derna et Misrata.


Vendredi après-midi, le ministre des Affaires étrangères libyen a annoncé que son pays avait décidé "d'observer immédiatement un cessez-le-feu et de mettre fin à toutes les opérations militaires". Moussa Koussa a ajouté que son pays, étant membre à part entière de l'ONU, était "contraint d'accepter la résolution du Conseil de sécurité".


Dans le camp adverse, Khalifa Heftir s'est montré plus que sceptique. Le commandant des rebelles libyens a estimé que le cessez-le-feu annoncé n'était "pas important" et qu'il s'agissait d'un coup de "bluff" de Kadhafi. Selon lui, le leader libyen "doit rendre ses armes et se rendre lui-même aux Libyens, ce qui serait mieux que de se rendre aux forces étrangères". Un membre du conseil militaire de l'insurrection à Benghazi a d'ailleurs déclaré vendredi après-midi que les forces loyalistes "attaquent toujours", malgré l'annonce du cessez-le-feu.


Également peu convaincus, les États-Unis exigent toujours le départ de Kadhafi. "La situation évolue rapidement. Nous n'allons pas nous laisser impressionner par des mots. Il nous faut voir des actes sur le terrain", assure Hillary Clinton.


Sur le terrain, les bombardements avaient repris vendredi matin à Misrata, située à 200 km à l'est de Tripoli et contrôlée par la rébellion, après une nuit de tirs à l'arme lourde. "Des dizaines de bombes de toutes sortes s'abattent sur la ville depuis hier soir", a témoigné un porte-parole rebelle. Selon la chaîne de télévision al-Arabiya, ces combats auraient fait 25 morts.


Alain Juppé avait exhorté jeudi soir le Conseil de sécurité de l'ONU. "C'est une question de jours, c'est peut-être une question d'heures", avait-il asséné dans son discours, avant le vote de la résolution. "Chaque jour, chaque heure qui passe alourdit le poids de la responsabilité qui pèse sur nos épaules. Prenons garde d'arriver trop tard, ce sera l'honneur du Conseil de sécurité d'avoir fait prévaloir en Libye la loi sur la force, la démocratie sur la dictature, la liberté sur l'oppression".

Antoine Laquet (DioraNews)
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