L'UE décide de tests de résistance de ses centrales nucléaires
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Alors que la situation au Japon reste très préoccupante, le débat sur l'énergie nucléaire est relancé en France. En ordre de bataille, les écologistes - de Duflot à Cohn-Bendit, en passant par Hulot et Mamère - réclament l'organisation d'un référendum sur cette question.
Après l'accident à la centrale japonaise de Fukushima, Daniel Cohn-Bendit espère en faire un thème de la campagne de 2012 face à l'UMP et au PS, traditionnellement pro-atome. Tirant "la sonnette d'alarme", l'eurodéputé appelle d'ailleurs la gauche à mettre cette consultation "à son programme" pour 2012. Yves Cochet veut, lui, que le référendum ait lieu "maintenant" pour voir "de quelle manière" le PS s'associera "à nous pour (le) demander".
L'Autorité de sûreté nucléaire a affirmé que l'accident de Fukushima avait atteint un niveau de gravité 6 sur l'échelle internationale qui en compte 7, le même niveau que Tchernobyl. Dans le même temps, l'agence de sûreté nucléaire japonaise a réfuté cette évaluation, maintenant son classement de l'accident au niveau 4. En France, "l'impact sanitaire est bien entendu nul", a souligné Agnès Buzyn, présidente du conseil d'administration de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.
De Marseille à Lille en passant par Paris, les écologistes se sont rassemblés par dizaines pour des flash mobs dans les centres-villes mardi à 13h. Ils voulaient exprimer leur hostilité au nucléaire et marquer leur solidarité avec le Japon. Dans la capitale, debout sur les marches de l'Opéra Bastille, une soixantaine de militants et élus écologistes ont observé une minute de silence seulement perturbée par une sirène. Cécile Duflot, secrétaire Nationale d'Europe-Ecologie-Les Verts, a souligné que l'hypothèse "extrêmement pessimiste" de réacteurs devenus "hors de contrôle" ne pouvait être écartée. Selon elle, le discours sur "l'absence de risque du nucléaire", qui a "intoxiqué les politiques", est "en faillite totale" ajoutant qu'on "a menti pendant des années. C'est absolument tragique de le constater à un moment avec autant de violence".
De son côté, le gouvernement a ouvertement exprimé sa vive inquiétude mardi face à l'accident de Fukushima et annoncé des contrôles sur son propre parc nucléaire. François Fillon a promis qu'"aucune des questions posées" par la catastrophe japonaise ne serait éludée. "Il y a un temps pour chaque chose. Aujourd'hui, c'est le temps du soutien et de la solidarité avec le peuple japonais. Il y aura ensuite le temps du retour d'expérience", a affirmé le Premier ministre à l'Assemblée Nationale, qui a respecté une minute de silence. Il a ensuite appelé "à la responsabilité et à la retenue". Le nucléaire français est "l'un des plus sûrs", "des plus vérifiés" et "des plus transparents" au monde.
"Nous reverrons toutes les centrales, une à une, pour que chacune puisse tirer les enseignements de Fukushima", a complété quelques minutes plus tard Nathalie Kosciusko-Morizet. A la mi-journée, lors d'une réunion à Matignon, la ministre de l'Ecologie n'avait pas caché son inquiétude face à l'évolution de la situation au Japon. "C'est pas bon du tout", avait-elle commenté, peu après avoir estimé qu'"on s'acheminait vers une catastrophe nucléaire". "Oui", avait répété à deux reprises le ministre de l'Energie Eric Besson, interrogé quant à savoir si "le scénario du pire" était en cours. En déplacement dans le Tarn-et-Garonne, Nicolas Sarkozy a évoqué des "événements dramatiques, d'une ampleur considérable qu'il ne faut en aucun cas minimiser".