Nicolas Sarkozy à l'Elysée avec les représentants de l'opposition libyenne.
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La France envisage le pire: une intervention militaire en Libye. L'info a navigué de rédaction en rédaction toute la journée de jeudi sans que jamais personne à l'Elysée ne confirme ou ne démente. Pourtant, la journée avait plutôt bien commencé du côté de la rue du Faubourg St-Honoré. La France devenait le premier pays à reconnaître le Conseil National de Transition (CNT) au régime du colonel Kadhafi.
Mais Nicolas Sarkozy ne veut pas s'arrêter là et décide dans la journée d'accélérer le rythme. Le chef de l'Etat souhaite proposer vendredi à l'UE une intervention militaire avec notamment des frappes aériennes. Selon plusieurs sources, Nicolas Sarkozy viserait 3 points : l'aéroport militaire de Syrte (à 500 kilomètres de Tripoli), celui de Sebha (près de la frontière tchadienne), et Bab al-Azizia, le centre de commandement de Kadhafi à Tripoli.
Mais l'initiative française contraste avec la retenue exprimée jusque-là par l'UE. A Berlin, le secrétaire d'Etat allemand aux Affaires étrangères s'est montré sceptique : "Je considère que la situation est encore trop confuse pour décider comment on doit procéder". Même son de cloche du côté de la chancelière Angela Merkel. Cette dernière s'est montrée "surprise" que la France ait reconnu le Conseil national de transition (CNT) et a mis en garde contre "l'emploi de moyens militaires".
L'opposition libyenne présente à l'Elysée jeudi a quant à elle salué la décision de la France et demandé à l'Union européenne de s'aligner sur l'exemple de Paris. Mais à Tripoli, le pouvoir en place a menacé de rompre tout lien diplomatique avec la France à la suite de cette décision. Et l'agence officielle Jana a menacé Nicolas Sarkozy de révéler un "grave secret", en lien avec "le financement de sa campagne électorale". Dans le même temps et en dépit des sanctions internationales et d'une enquête pour crimes contre l'humanité qui le visent, Kadhafi a réaffirmé qu'il ne quitterait pas le pouvoir. Il continue d'accuser l'Occident de vouloir mettre la main sur les richesses pétrolières libyennes. Du grand classique...
Enfin, jeudi soir, Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique David Cameron ont encore une fois été clairs : "Kadhafi et sa clique doivent partir". Les prochaines heures risquent d'être cruciales.
Michel Barisano (DioraNews)