8 mars : journée des droits des femmes en France et dans le monde entier
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Cela fait la 34e année que le monde, à l'instauration des Nations Unies, célèbre ce 8 mars la journée internationale des droits des femmes. En 34 ans, à quel point la situation de cette moitié de la population a-t-elle changé?
Pour citer quelques avancées, on peut parler de la loi Simone Veil, promulguée en France en 1979. Ou, toujours en France, de la loi qui pénalise le harcèlement sexuel au travail, les violences familiales et les commandos anti-IVG, votée en 1992. Quant au principe de la parité politique, il a été inscrit dans la constitution en 1999.
Mais, dans les faits, la parité est loin d'être la règle, en politique ou ailleurs. On ne compte que 20,3% de femmes aux emplois de direction dans la fonction publique d'État, alors que plus de la majorité des fonctionnaires sont des femmes. Les femmes n'occupent que 20% des postes de direction d'entreprises au niveau mondial en 2011, un chiffre encore en baisse (elles étaient 24% en 2009). Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas dans les pays scandinaves qu'elles sont les plus nombreuses, mais en Géorgie (40%), en Russie (36%) à Hong-Kong ou aux Philippines (35%). Elles sont 21% en France. Et le bas du tableau est occupé par l'Inde (9%), les Émirats arabes (8%) et le Japon (8%).
Dans les récentes révoltes arabes,les femmes ont joué un rôle essentiel. Elles ont déjoué leur rôle social traditionnel du Bahreïn au Yemen ou en Libye pour affronter le pouvoir dans la rue.
En politique, d'ailleurs, on note un mieux: fin 2010, près de 19,1% des parlementaires à travers le monde étaient des femmes, un taux jamais atteint, mais qui reste très loin des 50%. Et bien sûr, à responsabilités égales, on note toujours une inégalité de salaires.
Plus grave: 140 femmes meurent tous les ans en France sous les coups de leurs conjoints. Ailleurs, dans le monde, les crimes "d'honneur" restent beaucoup trop fréquents.
Il y a quelques mois, en France, un documentaire sur la vision des femmes dans une cité de Vitry-sur-Seine, "La Cité du mâle", bien que très contesté pour la façon dont il a été réalisé, montrait un dramatique retour en arrière dans les mentalités chez des jeunes qui estimaient normal de frapper une femme ou de la juger sur sa tenue vestimentaire. Élisabeth Badinter, quant à elle, tirait dans son dernier ouvrage la sonnette d'alarme sur un retour à un rôle très traditionnel de la femme via des tendances naturalistes.
Alors, qu'en est-il des droits des femmes, en progrès ou en recul?