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Affaire d'espionnage chez Renault : le PDG, Carlos Ghosn, doit-il démissionner ?

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Après être monté au créneau pour soutenir son DG, Carlos Ghosn est aujourd'hui sur la sellette Après être monté au créneau pour soutenir son DG, Carlos Ghosn est aujourd'hui sur la sellette - © Photo AFP

C'est Marc Laffineur, vice-président UMP de l'Assemblée nationale, qui a déclenché les hostilités. "S'il est avéré que les trois salariés n'ont pas trahi leur entreprise, le PDG de Renault devra prendre ses responsabilités en s'excusant publiquement ou en présentant sa démission", a déclaré le député du Maine-et-Loire. Et il ajoute: "on ne peut pas proférer des accusations publiques aussi graves sans disposer de preuves irréfutables. Je trouve ces méthodes choquantes et brutales".

Carlos Ghosn s'était en effet personnellement impliqué dans cette affaire, affirmant le 23 janvier, au JDD et sur TF1. "Nous avons des certitudes. Si on n'avait pas de certitudes, nous n'en serions pas là", "faites-nous confiance à nous Renault parce qu'il y a des dizaines de personnes qui ont analysé les faits". Pourtant, l'affaire tourne aujourd'hui à la catastrophe.

Retour sur les faits. Le 4 janvier dernier, 3 cadres du constructeur automobile sont mis à pied "à titre conservatoire", accusés d'avoir diffusé à l'extérieur de l'entreprise des informations sur le véhicule électrique, projet phare de Renault. Très vite, on évoque la piste chinoise et des comptes en suisse ouverts par les cadres incriminés. "Il s'agit en l'espèce d'un travail de professionnels. Renault est victime d'une filière organisée internationale", affirme Patrick Pélata, DG de l'entreprise. Alors que Renault entame des démarches de licenciement et dépose plainte pour "espionnage industriel", "corruption", "abus de confiance", "vol et recel commis en bande organisée", les cadres contre-attaquent, portant plainte pour diffamation et niant tous les faits. Mais, dernièrement, le groupe a dû faire marche arrière. Les enquêteurs n'ont, jusqu'à présent, trouvé aucune trace de comptes en Suisse ou au Liechtenstein. On a également appris que les accusations étaient au départ venues d'une lettre écrite par un mystérieux corbeau. Cette semaine, Renault a donc reconnu avoir peut-être été victime d'une "manipulation".

S'il était avéré que les cadres ont été mis en cause pour rien, il faudrait que "justice soit rendue, confiance soit restaurée et réparation soit payée", a déclaré Christine Lagarde. Les cadres devraient être réintégrés et toucher une indemnité. Mais quel niveau hiérarchique pourrait atteindre le retour de bâton? Il est probable que des têtes tombent, notamment au niveau des responsables de l'enquête. Mais le groupe fait l'impossible pour épargner Carlos Ghosn. PDG du groupe depuis 2005 (après avoir occupé des postes de direction chez Renault puis Nissan), il a lancé un vaste plan de relance de l'entreprise qui a fait des émules chez ses concurrents et incarne désormais "le management moderne et le capitalisme international".

Caroline Magnan (DioraNews)
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