Au Puy-en-Velay, Nicolas Sarkozy a lié identité de la France et héritage chrétien
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C'est en visite au Puy-en-Velay, haut lieu du catholicisme depuis le Moyen-Age, que Nicolas Sarkozy a choisi de célébrer "le magnifique héritage chrétien" du pays, en "président de la République laïque". "Cet héritage nous oblige, cet héritage, c'est une chance, mais c'est d'abord un devoir, il nous oblige, nous devons le transmettre aux générations, et nous devons l'assumer sans complexe et sans fausse pudeur", a expliqué le chef de l'État.
Ce n'est pas la première fois que le président lie chrétienté et "identité " de la France. Il l'avait déjà fait en 2007, au lendemain de son investiture comme candidat, depuis le Mont-Saint-Michel. Surtout, c'est lors de son fameux discours de Latran, en 2007 également, qu'il avait défini son concept de "laïcité positive" qui, tout en veillant à la liberté de croire et de ne pas croire, "ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout". Ce jeudi encore, le président a défini l"identité" de la France par cette référence. "A l'origine de la diversité, il y a les identités, et ce n'est pas faire preuve de fermeture que de croire en son identité pour mieux la faire partager avec les identités des autres", a-t-il insisté.
Néanmoins, le président est également revenu sur les "racines juives" de la France. Mais alors que l'UMP lance en ce moment un vaste débat sur la place de l'islam en France, cette défense d'un héritage chrétien interroge certains observateurs. Isabelle de Gaulmyn, de La Croix, souligne ainsi que le président pouvait choisir les châteaux de la Loire aussi bien que la cathédrale du Puy pour parler patrimoine. Et l'éditorialiste dénonce une quête de voix précieuse en vue de 2012. Il s'agit en effet, pour le président, de se présenter en "porte-drapeau de la France des terroirs" comme le décrit Laurent Wauquiez.
Mais dans son camp, tous n'approuvent pas. Pour Christine Boutin, "on ne traite pas la question de notre histoire et de nos valeurs par une séquence de trois heures sans conséquence". Marine Le Pen, elle n'accorde "aucune sincérité en la matière" au président de la République" et n'est "pas sûre que les Français soient sensibles à ce petit air".
Jean-Luc Mélenchon, lui, a au contraire vu dans cet épisode la résurgence de "Nicolas Sarkozy, chanoine de Latran" chantant "encore une fois la messe en latin" et "célébrant la laïcité pour mieux la mettre à bas". "Tout cela est étranger à la tradition républicaine de la France moderne", conclut-il.
Caroline Magnan (DioraNews)