Nicolas Sarkozy promeut deux de ses proches
- © Photo AFP
Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux quittent le gouvernement. Claude Guéant y fait son entrée. Quelque cent jours après le précédent changement de cabinet, les cartes sont à nouveau chamboulées. Ce remaniement étendu signe la volonté de Nicolas Sarkozy de reprendre en main la politique du pays. Fait rarissime, le chef de l'Etat l'a d'ailleurs annoncé lui-même.
La ministre des Affaires étrangères, empêtrée dans le scandale de ses vacances tunisiennes, a été contrainte à la démission. Acerbe, elle part avec "le sentiment de n'avoir commis aucun manquement". Et se dit victime "d'attaques politiques (et) médiatiques" ayant eu pour but de la faire chuter. Nicolas Sarkozy, lui, ne commente pas ce départ. Dans son allocution très attendue dimanche soir, il n'a pas eu un mot pour la ministre déchue.
C'est à Alain Juppé que revient la tâche de remplacer MAM au Quai d'Orsay. "Le meilleur d'entre nous" - comme l'appelait Jacques Chirac - devient l'un des piliers de l'équipe remaniée. Nicolas Sarkozy voit en lui "un homme d'expérience". Le maire de Bordeaux va devoir sauver l'image de la diplomatie hexagonale, notamment pendant la présidence française du G20. Il lui faudra faire oublier la proximité de la France avec certaines dictatures, en l'occurence les régimes arabes en pleine révolution. Alain Juppé aura aussi à charge d'améliorer les relations avec le Mexique, tendues en raison de l'affaire Florence Cassez.
Claude Guéant, lui, devient ministre de l'Intérieur. Un poste légitime pour ce membre de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat l'explique: "Il connaît tous les rouages, a occupé tous les postes à responsabilités" de la Place Beauveau. Autre fidèle du président, Brice Hortefeux quitte le gouvernement pour la fonction de conseiller spécial de l'Elysée. Ecarté après ses condamnations par la justice, il va pouvoir plancher sur le projet et la campagne de Nicolas Sarkozy en vue de 2012. Car c'est bien cela qu'a à l'esprit le chef de l'Etat, qui prépare le terrain pour la prochaine présidentielle.
Julie Coste (DioraNews)