"Aujourd'hui il faut essayer de rassembler et pas de diviser", estime Alain Juppé
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C'est une mise en garde adressée à Nicolas Sarkozy par une figure de l'UMP. Alain Juppé a réaffirmé qu'il fallait procéder à un "cadrage" du débat sur la place de l'islam en France, jeudi sur France Inter. "C'est une question que se posent les Français, mais si ce débat n'est pas maîtrisé et encadré [...] il peut déraper. Parce qu'il y a ici ou là, dans certains secteurs de la société française un sentiment d'islamophobie et de rejet de l'étranger qui est manifestement exploité par le Front national".
"Ca, c'est dangereux, parce qu'aujourd'hui, il faut essayer de rassembler et pas de diviser", a ajouté le maire de Bordeaux. Alain Juppé a été l'un des premiers membres de la majorité à s'inquiéter du souhait du président, en soulignant l'échec de celui sur l'identité nationale. Une convention sur l'exercice des cultes en France est prévue par l'UMP le 5 avril.
Le ministre de la Défense s'est dit en outre "pas favorable à ce qu'on rouvre le débat sur la loi de 1905 [...] un des piliers de la République et de la laïcité. Je l'ai dit, il y a longtemps, l'islam a toute sa place en France. Il y a quatre à cinq millions de musulmans en France, ils ne sont pas tous pratiquants, mais ils sont musulmans et nous devons respecter leur religion". Alain Juppé a souligné que c'était "un principe républicain fondamental, la liberté de choisir sa religion et de la pratiquer [...] Aucune religion ne peut imposer ses valeurs à la collectivité républicaine [...] Il faut que l'islam l'accepte".
D'autres "poids lourds" de la majorité se sont exprimés sur le sujet. Gérard Larcher a appelé jeudi sur i-Télé à se méfier "de ne pas affaiblir la laïcité dans un débat qui serait mal préparé, mal conduit". Pour le président du Sénat, "focaliser sur le seul islam, ce serait faire une erreur par rapport au principe de laïcité", et "ce serait aussi oublier un certain nombre de pans qui concernent d'autres religions" que l'islam.
Patrick Devedjian s'est montré beaucoup plus virulent, évoquant un débat "désastreux" qui "blesse nos compatriotes musulmans qui s'intègrent loyalement à notre pays pour ne montrer du doigt que les extrémistes musulmans". Une condamnation que partage Christine Boutin. "On stigmatise une population, comme si tous les musulmans étaient des gens qui faisaient des attentats et étaient violents, non ce n'est pas vrai! Arrêtons de stigmatiser!", a déclaré la présidente du Parti Chrétien-Démocrate sur Direct 8. "Est-ce que vous voyez dans toutes les rues de France des gens qui prient sur le trottoir, bien sûr que non".