François Baroin a jugé "très curieuses" les déclarations de Jean-Claude Trichet
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Augmenter les salaires, est-ce "la dernière bêtise à faire" en Europe ? C'est en tout cas l'analyse faite par le président de la Banque centrale européenne (BCE). Estimant que cela nuirait à la réduction du chômage, Jean-Claude Trichet avait mis en avant la santé économique "remarquable" de l'Allemagne, louant sa maîtrise des coûts salariaux. Outre-Rhin, les salaires dans la fonction publique n'ont augmenté que de 17% depuis la création de la zone euro, contre 35% en France.
François Baroin a jugé que ces propos constituaient "une approche très curieuse, parce que, au fond, on mène des politiques publiques pour améliorer le quotidien des gens". Et d'enfoncer le clou : "Notre objectif, c'est de faire en sorte que tous les efforts produits n'abîment pas le quotidien et permettent à terme une augmentation des salaires", a déclaré lundi le ministre du Budget sur Europe 1.
"Quand on voit les efforts allemands entre 2003 et 2009, ce sont des efforts qui ne peuvent pas tenir dans la durée", a poursuivi François Baroin. Une intervention qui arrive au lendemain de la prestation du directeur général du Fonds monétaire international. Dominique Strauss-Kahn s'est livré à une critique des politiques économiques menées en Europe, où "on a surmonté la crise économique, mais [où] on n'a pas surmonté la crise sociale".
Martelant le credo de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet a réaffirmé que la lutte contre l'inflation, "un impôt sur les plus pauvres et les plus démunis qui sont le moins protégés", restait "la priorité constante" de l'institution. Car le patron de la BCE est confronté à une accélération de l'inflation dans la zone euro. La hausse des prix a atteint 2,4% en janvier après 2,2% en décembre et devrait rester au dessus de 2% durant "la plus grande partie de l'année 2011".
Une perspective qui ne l'inquiète encore pas trop dans la mesure où cette accélération est essentiellement liée à l'envolée des prix des matières premières et de l'énergie. Mais la situation pourrait s'aggraver si "les autres prix se mettent à bouger", ce qu'il appelle des "effets de second tour". Or , les salaires sont les principaux concernés par ce risque de spirale que la BCE entend "éviter à tout prix".