Boris Boillon, 41 ans, a pris la semaine dernière la tête de l'ambassade de France à Tunis
- © Photo AFP
Moins d'une semaine après son entrée en poste, le nouveau représentant de Paris en Tunisie a été contraint à présenter des excuses publiques à la télévision, samedi soir. Il faut dire que, dans la journée, quelque 500 Tunisiens avaient manifesté devant son ambassade pour réclamer son départ. Et les groupes avaient fleuri sur le web, aux noms aussi explicites que "Boris Boillon, dégage".
À l'origine de cette éruption de colère: une vidéo du nouvel ambassadeur répondant à des journalistes tunisiens. Boris Boillon, ancien diplomate en Irak, s'y présente, en arabe notamment, comme un homme "ouvert", venu pour incarner "un nouveau départ, un nouvel avenir". Une position a priori appréciée par les Tunisiens que le manque de soutien et de réactivité de Paris à leur révolution de Jasmin avait froissés.
Malheureusement, cet abord cordial est vite oublié. Très vite, en effet, Boris Boillon s'offusque des questions des journalistes. "Je dis ce que j'ai à dire et n'essayez pas de me coincer avec des trucs à la con", s'emporte-t-il. Puis il ajoute: "moi, je ne suis pas là pour faire de la polémique, je ne suis pas là pour créer des problèmes, je suis là, mais pour créer des solutions, donc n'essayez pas de me faire tomber sur des trucs débiles. Franchement, vous croyez que j'ai ce niveau-là, vous croyez que je suis dans la petite phrase débile ?".
À la télévision tunisienne, il a donc présenté ses excuses "aux journalistes et à tous les Tunisiens". "J'ai une énergie et une volonté bien déterminée de promouvoir des relations bilatérales. J'ai été spontané plus que je n'aurais dû l'être. Dorénavant, je dois parler de manière plus polie", a-t-il dit.
Au ministère des Affaires étrangères, néanmoins, on ne veut pas être trop dur avec ce "Sarko-Boy" autoproclamé. "Le dynamisme de M. Boillon est un gage de résultat dans cette période cruciale où nos relations sont en train d'aborder une nouvelle étape, de prendre un nouvel élan, en s'appuyant sur une nouvelle ambition partagée", assure le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero.
Caroline Magnan (DioraNews)