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Tunisie: Michèle Alliot-Marie a-t-elle commis une faute ?

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"Comme des millions de Français, je vais en Tunisie. Voilà tout", a rétorqué Michèle Alliot-Marie - © Photo AFP

Michèle Alliot-Marie se retrouve au coeur d'une tempête médiatique, accrue par les événements qui secouent actuellement la Tunisie. Mais aussi par le vent de liberté qui souffle sur les autres pays du Maghreb et du Proche Orient, l'Egypte en tête. En tant que chef de la diplomatie, c'est la voix de la France qui symboliquement est remise en cause. Déjà très critiquée pour des propos polémiques tenus durant la "Révolution du Jasmin", Michèle Alliot-Marie l'est de nouveau pour ses vacances tunisiennes.


Il est reproché à la ministre des Affaires étrangères de s'être rendue en Tunisie fin décembre avec son compagnon et ministre, Patrick Ollier. Alors que les troubles avaient commencé depuis deux semaines environ. Puis d'avoir bénéficié pour un vol intérieur entre Tunis et la ville de Tabarka du jet privé d'un de ses amis, Aziz Miled, afin d'y passer des vacances dans un hôtel appartenant également à ce dernier. Un homme d'affaires tunisien présenté comme proche du clan Ben Ali. Pour sa défense, MAM assure qu'Aziz Miled est "une victime" plus qu'un proche du clan Ben Ali, même s'il figure sur une liste de personnalités tunisiennes dont la Suisse a gelé les avoirs le 19 janvier.


Michèle Alliot-Marie avait déjà été très critiquée après son offre, le 11 janvier, de coopération policière au régime de Ben Ali, alors que les manifestations se multipliaient en Tunisie. Elle a aussi été sommée de s'expliquer sur des livraisons de grenades lacrymogènes au régime Ben Ali. François Fillon a indiqué que la France avait bien autorisé l'exportation de produits explosifs en Tunisie en novembre 2010 et janvier 2011, juste avant le départ de Ben Ali, mais que les livraisons n'avaient pas été effectuées. MAM "n'a plus sa place au gouvernement, elle ne peut pas porter la voix de la France, elle doit partir [...] Je le dis aussi à Nicolas Sarkozy et François Fillon qui, somme toute, ont fait ce gouvernement", avait insisté la semaine dernière le député PS Pierre Moscovici.


Le Premier ministre, justement, a redit ce jeudi sa pleine confiance à Michèle Alliot-Marie, l'assurant aussi de celle du président, mais l'opposition a continué de réclamer sa démission. Dénonçant "un mélange des genres qui est la caractéristique de ce pouvoir depuis plusieurs années", le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a estimé que "la logique voudrait qu'elle démissionne".


Dans la majorité, MAM est officiellement soutenue, même si certaines voix jugent qu'elle a commis une maladresse. "En ce qui me concerne, je ne serais pas partie en Tunisie en vacances", a affirmé la ministre Nadine Morano. De son côté, Patrick Ollier a déclaré jeudi qu'il vivait "très mal" les attaques contre sa compagne. "Je suis choqué de l'outrance des accusations, je suis choqué des amalgames qui sont faits et des suspicions qui sont créées".


"S'il y a quelqu'un qui suit une ligne droite dans le cadre de cette volonté de ne pas mélanger vie privée et vie publique, c'est bien Michèle", a clamé le ministre chargé des Relations avec le Parlement, qui a partagé avec Mme Alliot-Marie ses vacances tunisiennes. Selon lui, "si quelqu'un respecte les critères de l'honnêteté jusqu'au bout des ongles, c'est elle et c'est très injuste que ce soit elle qui soit frappée par cette polémique".

Antoine Laquet (DioraNews)
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