François Fillon ferme la porte à l'idée d'une hausse de la TVA lancée par Jean-François Copé
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Jean-François Copé a jeté un pavé dans la mare fiscale. Le secrétaire général de l'UMP suggère de baisser le coût du travail en augmentant la TVA, dans une interview au journal Le Parisien. Une solution qui conduirait mécaniquement à une augmentation générale des prix, dans un contexte où ceux-ci sont déjà haussiers. Mardi encore, les péages des autoroutes ont augmenté en moyenne de 2,24%. Et la SNCF annonce pour le 8 février une hausse moyenne de 2,85% des billets TGV, Téoz et Lunéa.
Pour Jean-François Copé, utiliser la TVA pourra alléger les charges qui pèsent sur les entreprises. "Aujourd'hui, le vrai sujet, ce sont les charges sociales plus que les impôts". Le secrétaire général de l'UMP propose donc de "baisser les cotisations sociales, qui ne sont payées que par quelques-uns, et faire un transfert sur la TVA, qui elle est payée par tout le monde". Dans une proportion raisonnable, assure-t-il. "Un point supplémentaire de TVA, ça se voit à peine. Il faut y réfléchir. Il y aura certes une augmentation, mais tout le monde sera gagnant au final".
Un argument qui n'a vraisemblablement pas convaincu François Fillon et Christine Lagarde. Le Premier ministre a tout simplement exclu une telle hausse lors de la réunion hebdomadaire du groupe UMP de l'Assemblée nationale. Il a expliqué que si la TVA devait être augmentée, la France accroîtrait en fait le fossé qui la sépare de l'Allemagne. "On parle de convergence avec l'Allemagne mais, Berlin ayant relevé sa TVA, les taux français et allemand sont à peu près équivalents. Si on augmente notre TVA, on se redécale par rapport à l'Allemagne". Plutôt que de réfléchir à une augmentation des recettes fiscales, mieux vaut se concentrer sur "diminuer les dépenses". La ministre de l'Economie s'est voulue plus nuancée sur RTL, estimant qu'il ne fallait "certainement pas en ce moment" augmenter la TVA pour alléger le coût du travail. Pour autant, a enchaîné Christine Lagarde, il s'agit d'une "piste intéressante de réflexion".
Un débat d'idées qui s'apparente à une nouvelle passe d'armes dans la majorité entre les deux favoris pour l'après-Sarkozy. Sans compter Xavier Bertrand. Mardi, au petit déjeuner de la majorité, le ministre du Travail a dit "ne pas bien comprendre" les raisons pour lesquelles son successeur relançait ce débat "un mois et demi avant les cantonales". En 2007, le thème de la "TVA sociale" dans l'entre-deux tours des législatives aurait coûté... une cinquantaine de sièges à l'UMP.