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Les chiffres sont éloquents. Et même François Fillon a dû reconnaître que le bilan est mauvais. +3% sur l'année 2010. Cela représente 80.000 demandeurs d'emploi en plus, sans aucune activité, pour un total de 2,7 millions de personnes. Si l'ont rajoute les 202.000 qui ont une activité réduite, le nombre de personnes sans-emploi s'élève à 4 millions. Forcément, ces mauvais chiffres ont alimenté le débat jeudi.
La surprise n'a pas été grande car le gouvernement ne s'attendait pas à des miracles. Du coup, Matignon a anticipé. François Fillon s'est dit "convaincu" de la capacité du gouvernement "à faire reculer le chômage" en 2011 grâce à la croissance et "aux mesures prises". Le Premier ministre entend mettre les bouchées doubles en cette année pré-électorale et promet de booster les emplois aidés (qu'il a réduits dans le budget 2011) et les contrats en alternance pour les jeunes.
Du côté du ministère du Travail, Xavier Bertrand veut aussi agir pour les demandeurs d'emploi de longue durée. Leur nombre a augmenté de 20% sur un an, s'élevant désormais à 1,52 million de personnes. Le ministre veut aussi aider "la formation professionnelle", pour "raccourcir le délai" de retour à l'emploi. Jean-François Copé estime, lui, que les chiffres de décembre et de l'année 2010 devraient inciter à faire de l'emploi des jeunes et des seniors "deux priorités absolues". Marine Le Pen appelle de son côté à sortir de l'euro pour lutter contre le chômage et fait porter le chapeau à Nicolas Sarkozy en jugeant que c'est un échec "total du gouvernement face à la crise".
Les syndicats n'ont pas hésité à se faire entendre. La CFDT appelle le gouvernement à "revenir sur la baisse des moyens attribués aux mesures en faveur de l'emploi" et à "la baisse du nombre de contrats aidés". Même son de cloche à la CGT où Bernard Thibault réclame "la suppression" des "heures supplémentaires défiscalisées" qui serait un frein à l'emploi, selon lui. Chez Force ouvrière, Jean-Claude Mailly se dit "inquiet pour 2011". Selon lui, il faut "sortir d'une politique d'austérité qui freine l'activité économique" et "aller sur le pouvoir d'achat, faire une grande réforme fiscale pour redistribuer plus largement les richesses produites".
En janvier 2010, Nicolas Sarkozy avait promis un recul du chômage dans les "semaines et les mois qui viennent" à l'appui d'une "stratégie économique" qui devait "porter ses fruits".
Michel Barisano (DioraNews)