Question du 24 janvier 2011 Lire la question de ce jour

Faut-il renforcer le contrôle des délinquants récidivistes ?

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Les proches de Laëtitia ont manifesté leur colère après la mise en examen d'un récidiviste notoire Les proches de Laëtitia ont manifesté leur colère après la mise en examen d'un récidiviste notoire - © Photo AFP

Une fois encore, avec l'affaire de la disparition de Laëtitia à Pornic, resurgit la question de la récidive. Ces derniers mois, déjà, lors du meurtre de la joggeuse Natacha Mougel à Lille, ou lors du procès du meurtrier d'Anne-Lorraine Schmitt, toutes deux tuées par des criminels sexuels récidivistes, le débat avait fait rage. Comment éviter que des hommes déjà condamnés pour des crimes ne recommencent une fois libérés ? Faut-il aggraver les peines ? Supprimer les remises de peine ou libérations conditionnelles ? Augmenter la sévérité du suivi ?

La mort, très probable, de Laëtitia relance la polémique. Les proches de Laëtitia ont d'ailleurs crié leur colère ce lundi. "Les détraqués, il faut les garder en prison", expliquait notamment la famille d'accueil de la jeune femme. Tony Meilhon n'était en effet pas un inconnu pour la justice. A 31 ans, il avait même déjà 13 condamnations à son actif. Pour l'essentiel, il s'agissait d'affaires de vols, de violences ou de menaces.

Mais, selon le ministère de la Justice, il avait exécuté "l'ensemble de ses condamnations pénales". Il "n'a pas bénéficié de libération anticipée" et un certain nombre de remises automatiques de peines lui ont été retirées régulièrement".

Néanmoins, il était sorti de prison en février 2010 après avoir purgé six mois pour outrage et menaces à magistrat. Sa libération était soumise à une mise à l'épreuve et il faisait donc l'objet d'un suivi officiel. Il devait normalement se présenter régulièrement à la justice. Depuis 3 mois, il ne le faisait plus. Par ailleurs, condamné pour avoir, en 1997, violé un codétenu, il était inscrit au Fichier judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS) ce qui, normalement, aurait dû l'obliger à justifier de son adresse et à en signaler tout changement dans les 15 jours. Ce qu'il n'a pas fait. Du coup, depuis le 4 janvier, il était inscrit au fichier des personnes recherchées.

Comment, dans une telle situation, la sonnette d'alarme n'a-t-elle pas été tirée plus tôt ? Pourquoi Tony Meilhon, dont la dangerosité était connue, n'a-t-il pas été intercepté avant de pouvoir tuer la jeune femme ? Un représentant policier estime que c'est par manque d'hommes pour contrôler les milliers d'inscrits au FIJAIS. Le ministère de la Justice a d'ores et déjà réclamé à l'inspection des services sanitaires "d'analyser les conditions dans lesquelles était assuré son suivi".

Du côté des politiques, on vise plutôt les juges. Pour Jean-François Copé, cette triste affaire ne fait que donner un nouvel argument à Nicolas Sarkozy qui souhaite introduire des jurés populaires dans les affaires pénales car "on ne peut pas continuer à laisser des criminels dans la nature".

Caroline Magnan (DioraNews)
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