Des usagers arborant un badge ont refusé de présenter leur billet aux contrôleurs
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Retards à répétition, manque de communication, erreurs d'aiguillage, hausse des tarifs... Les usagers de la SNCF en ont assez. Un certain nombre d'entre eux a donc décidé de faire grève et d'inverser le rapport de force. Le mouvement a débuté sur la ligne Angers-Le Mans-Paris au début de l'année. Les abonnés ont décidé de se rassembler pour refuser, ensemble, de présenter leur billet aux contrôleurs du TGV. Depuis, ils ont été rejoints par les habitués des lignes Tours-Paris, de celles reliant le Nord-Pas-de-Calais à la capitale ou encore des trains venus de Reims ou de Lyon. Le mouvement a également fleuri sur le net où circule une pétition "SNCF: ras-le-bol!". Certains clients poursuivent également l'entreprise au tribunal.
En cause: des retards répétés. La ligne Tours-Paris cumulerait 40 heures de retard sur l'année, 50 heures pour Paris-Le Havre... Et, bien sûr, de plus en plus de difficultés à justifier ces retards au travail. À cela s'ajoutent les cas extrêmement médiatiques qui ont encore écorné l'image des services ferroviaires cet hiver. En particulier, bien sûr, celui du Strasbourg-Port Bou-Nice du 27 décembre. Les voyageurs avaient subi un retard de 15 heures, en raison d'abord d'un problème de conducteur non remplacé puis de deux pannes. Une semaine plus tard, les passagers d'un train Paris-Nantes s'étaient retrouvés à Rennes en raison d'une erreur d'aiguillage.
Enfin, la ministre des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, a annoncé mardi une augmentation de 2 à 3% du prix des billets. Le directeur de la SNCF aurait même aimé qu'elle atteigne 5%. "C'est cher payé", estiment les usagers, pour un service déficient.
Consciente du problème, la direction de l'entreprise a annoncé un plan d'urgence pour soigner "12 lignes malades" (RER A, RER D et ligne N (Paris-Rambouillet, Paris-Plaisir-Mantes et Dreux) en Ile-de-France, les TER de l'étoile de Lyon (Lyon-Ambérieu, Lyon-Grenoble, Lyon-Dijon), Paris-Chartres-Le Mans, Nîmes-Perpignan, Paris-Clermont, Paris-Orléans-Tours, Paris-Caen-Cherbourg, Paris-Amiens, les trains de nuit Lunéa et le TGV entre Paris, Le Mans et Tours). Mais ce plan n'a pour le moment pas reçu de financement. La SNCF a également tenté de calmer les usagers grévistes en leur proposant une indemnisation. Mais les initiateurs du mouvement ont rejeté une offre qu'ils jugent insuffisante.
Si elle admet quelques erreurs, la compagnie assure néanmoins que 90% de ses trains sont à l'heure. Selon Europe1 qui se serait procuré un document interne, ce n'est plus tout à fait vrai puisqu'en 2010, seuls 82% des trains pouvaient se vanter de ce résultat.
Caroline Magnan (DioraNews)