Une chambre d'hôpital. Une majorité du corps médical serait favorable à l'euthanasie
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Les législateurs ont fait cette semaine le premier pas vers une légalisation de l'euthanasie. Mardi, la commission des Affaires sociales du Sénat a adopté une proposition de loi autorisant "toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à bénéficier (...) d'une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur". Elle sera discutée au Sénat le 25 janvier et pourrait ensuite arriver à l'Assemblée nationale.
C'est la "première victoire de la liberté face à l'obscurantisme", selon l'association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD). Jean-Luc Romero, son président et conseiller régional PS d'Île-de-France, les sénateurs se sont montrés "plus libres" que les députés. En 2009, Manuel Valls avait en effet présenté un texte similaire à l'Assemblée qui avait été refusé. Jean-Luc Romero ajoute que "les clivages politiques ne se retrouvent pas au Sénat" et qu'il espère que le texte ira "jusqu'au bout".
Pourtant, les sénateurs UMP "regrettent" le vote de cette proposition de loi (votée entre autres par des élus de droite). Selon eux, elle va "à l'encontre de notre droit qui vise à protéger les plus faibles, les plus vulnérables et à porter assistance à celles et ceux qui sont en situation de danger" et "à l'encontre de la mission du médecin" et, enfin, elle "risque de rompre la confiance nécessaire entre le médecin et son patient".
Aujourd'hui, en Europe, l'euthanasie est autorisée, sous conditions, en Belgique et au Luxembourg. Aux Pays-Bas, elle reste un crime, mais les médecins qui la pratiquent peuvent être exemptés de poursuites si la personne euthanasiée "a reçu tous les soins palliatifs disponibles". Enfin, en Suisse, si l'euthanasie est interdite, le "suicide assisté" est autorisé, par le biais de l'association Exit.
En France, la question a été soulevée à de nombreuses reprises, en particulier avec les cas de Rémy Salvat, jeune homme de 24 ans qui s'est donné la mort en 2008, de Chantal Sébire, qui avait supplié le président de l'autoriser à mourir, et surtout de Vincent Humbert, à qui sa mère avait donné, à sa demande, d'importantes doses de barbituriques en 2003. Plongé dans le coma, il avait finalement été "débranché" par son médecin. Le docteur Chaussoy et Marie Humbert avaient été pousuivis pour empoisonnement et avaient finalement bénéficié d'un non-lieu.
Selon un sondage effectué en 2000 et cité par ADMD, 70% du corps médical français seraient favorables à une euthanasie pratiquée en accord avec l'équipe de soin.
Caroline Magnan (DioraNews)