La nouvelle présidente du Front national met le cap sur 2012
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La nouvelle présidente du Front national a la prochaine présidentielle en ligne de mire. Préférence nationale, défense des services publics, attaque en règle de Bruxelles et de l'euro... Son discours d'intronisation, dimanche soir, à l'issue du congrès de Tours, avait les accents d'un véritable projet présidentiel. Débarrassé des débordements de Jean-Marie Le Pen.
Plus polissée que son père, Marine Le Pen séduit de plus en plus de déçus de la gauche et du sarkozysme. Avant même son élection à la tête du parti, l'eurodéputée arriverait troisième dans un sondage sur les intentions de vote au premier tour (enquête CSA pour Marianne publiée le 14 janvier). Marine Le Pen recueillerait 17% des voix face à Martine Aubry et 18% face à Dominique Strauss-Kahn. Nicolas Sarkozy et le candidat socialiste se disputeraient la première place, selon que la première secrétaire ou le président du FMI se présente.
La présence de Marine Le Pen au second tour apparaît même probable pour 46% des Français (sondage Ifop pour France Soir). Il s'agit bien d'un pronostic et non d'un voeu. 92% des sympathisants du FN, 46% des sympathisants UMP, mais aussi 36% des sympathisants de gauche tablent sur cette possibilité. D'ailleurs, François Hollande s'en inquiète. L'ex-premier secrétaire du PS redoute que la multiplication des candidatures à gauche ne conduise à un nouveau "21 avril", quand Jean-Marie Le Pen avait gagné sa place au second tour de la présidentielle, en 2002.
L'élue du Nord-Pas-de-Calais "se rend compte qu'il y a un électorat à gagner, car si le FN a cassé la logique de marginalisation mise en place par Nicolas Sarkozy en 2007, il n'est pas encore revenu au premier plan électoral", analyse Pascal Perrineau, directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po. Et de rappeler le score "pas pharaonique" du FN aux régionales de mars 2010 (11,4% au premier tour). "Ces sondages sont réalisés dans une période où elle a une visibilité médiatique sans commune mesure avec l'agenda politique", tempère Jean-Yves Camus, chercheur à l'Iris et spécialiste de l'extrême droite. "Une campagne présidentielle, c'est long, et elle n'est qu'au début du chemin", nuance aussi Pascal Perrineau.
D'ailleurs, les Français sont beaucoup plus réservés sur les chances de Marine Le Pen de remporter l'élection. 76% pensent qu'elle ne sera jamais présidente (sondage Obea-Infraforces pour 20 Minutes et France Info). La plupart des sondés lui reconnaissent des qualités, la jugeant courageuse (63%), franche (54%) et compétente (47%). Mais ils ne la trouvent pas crédible (52%) ni porteuse d'idées nouvelles (59%).
Julie Coste (DioraNews)