Des soldats montent la garde dans une rue de Tunis.
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L'inquiétude est vive en Tunisie mais pas seulement. Le départ du président Ben Ali n'a pas calmé les esprits dans le pays. Les nouveaux dirigeants tunisiens s'efforcent de maîtriser la situation mais le chaos est proche. L'armée ayant même donné dimanche soir l'assaut du palais présidentiel. Et certains redoutent une contagion de la violence à une grande partie de la région. Car la Tunisie est le premier pays à se débarrasser d'un régime policier. Ce qui pourrait donner des idées à d'autres. Certains pays se retrouvent sous pression. L'Algérie, le Maroc et l'Egypte en première ligne.
En Egypte, la rue a salué les événements qui se sont déroulés en Tunisie. La population se plaint depuis plusieurs mois des mêmes difficultés et leur président, Hosni Moubarak, fait régulièrement l'objet de nombreuses critiques. De son siège au Caire, la Ligue des Etats arabes a appelé à un "consensus national pour sortir de la crise" et demande "aux représentants de la société tunisienne, d'être unis pour le bien du peuple et pour réaliser la paix civile". Sur internet, des dizaines de bloggeurs appellent à manifester dans la rue, notamment, en signe de solidarité avec les Tunisiens. Selon un expert économique, "la marge de liberté qui existe en Egypte pourrait reporter l'irruption de manifestations. Mais si le gouvernement égyptien ne parvient pas à régler des problèmes comme le chômage, l'inflation et la redistribution des revenus, cette marge de liberté n'empêchera pas ce type de manifestations."
Les pouvoirs algérien et marocain sont discrets sur la chute de Ben Ali. Le pays qui semble aujourd'hui être le plus fragile est l'Algérie. L'armée algérienne observe de très près l'évolution de la situation chez son voisin. Depuis plusieurs jours, des émeutes à caractère social ont éclaté à travers l'ensemble du territoire. L'absence de perspectives et la cherté de la vie rendent la population nerveuse. Et chacun redoute le pire. Parmi les actions marquantes pour l'opinion, celle d'un homme mort dimanche au service des grands brûlés de l'hôpital Ibn Rochd d'Annaba. La veille, il s'était aspergé d'essence avant de craquer une allumette devant la mairie de la ville de Boukhadra. 3 autres tentatives de suicide par le feu ont également été enregistrées en Algérie récemment.
Les réactions d'inquiétudes ne s'arrêtent pas aux pays entourant la Tunisie. L'Iran, le Qatar, la Jordanie, le Soudan, le Koweït... Les Emirats arabes unis exhortent les Tunisiens "à préserver leur unité et à éviter tout ce qui pouvait nuire à la sécurité et à la stabilité" de leur pays. Mahmoud Abbas affirme qu'il maintiendra les "meilleures relations" avec la Tunisie, alors que des groupes palestiniens, notamment les islamistes du Hamas et du Jihad islamique apportent leur soutien au soulèvement du peuple tunisien. Enfin, pour la Syrie, les déboires de Ben Ali sonnent comme un avertissement contre l'Occident. "C'est une leçon qu'aucun régime arabe ne devrait ignorer".
Michel Barisano (DioraNews)