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Crise en Tunisie : approuvez-vous l'attitude de la France?

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Des manifestants affrontant les forces de l'ordre, le 10 janvier à Regueb Des manifestants affrontant les forces de l'ordre, le 10 janvier à Regueb - © Photo AFP

"Nous déplorons les violences, qui ont fait des victimes, et appelons à l'apaisement". Le Quai d'Orsay a réagi, lundi, aux troubles en Tunisie par la voix de son porte-parole. "La coopération entre la France et la Tunisie, qui est fortement orientée sur l'emploi, le restera", a poursuivi Bernard Valero. "Aujourd'hui, l'urgence en Tunisie est à l'apaisement".

Une réaction prudente et qui s'est fait désirer, selon certains. "Le silence des alliés de Tunis n'est pas sain", avait dénoncé la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme, la semaine dernière, après l'arrestation de blogueurs dissidents. Il aura fallu attendre plusieurs jours et la mort d'au moins 14 personnes (20 selon l'opposition) pour que la France se prononce enfin sur la révolte qui secoue la Tunisie.

La France n'a pas plus commenté les violences en Algérie. Cette réserve peut s'expliquer, des tensions ayant émaillé les relations entre Paris, Tunis et Alger au cours des deux dernières années. En février 2009, Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, avait critiqué l'arrestation de journalistes en Tunisie. Celle-ci avait alors dénoncé une "ingérence étrangère inacceptable".

Les réactions des diplomaties américaine et européenne sont beaucoup plus fermes. Washington a convoqué l'ambassadeur de Tunisie dimanche. "Nous avons exprimé notre préoccupation à l'égard de ce qui se passe avec les manifestations et avons encouragé le gouvernement tunisien à faire en sorte que les libertés civiles soient garanties, notamment la liberté de rassemblement", explique un haut responsable américain. "Nous avons aussi soulevé la question de ce qui ressemble à une ingérence du gouvernement tunisien dans l'internet, particulièrement dans les comptes Facebook".

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton monte elle aussi au créneau. Elle demande la "libération immédiate" des manifestants emprisonnés. Bruxelles appelle aussi "à la retenue dans le recours à la force et au respect des libertés fondamentales. Nous appelons en particulier à la libération immédiate des blogueurs, journalistes, avocats et autres personnes détenues, qui manifestaient pacifiquement en Tunisie".

Les violences sont parties de la région de Sidi Bouzid (centre), après le suicide, le 17 décembre, d'un vendeur ambulant de fruits et légumes dont la marchandise avait été saisie. Mohamed Bouazizi est devenu le symbole de la révolte sociale contre la précarité et le chômage.

Julie Coste (DioraNews)
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