L'armée nigérienne s'était aussitôt lancée à la poursuite des ravisseurs
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Il semblerait que ce soit Nicolas Sarkozy lui-même qui ait donné l'ordre aux commandos français d'intervenir pour libérer les deux jeunes hommes enlevés la veille à Niamey. Et l'armée le reconnaît "ce n'est pas un succès". Antoine et Vincent, tous deux âgés de 25 ans, ont en effet été exécutés par leurs ravisseurs.
Pour autant, l'état-major estime avoir fait passer le bon message: "Ca suffit! Nous vous pourchasserons et nous vous détruirons, y compris si nos otages y perdent la vie." "La France n'acceptera jamais le diktat des terroristes" a expliqué le président de la République dimanche.
Et, pour une fois, l'opposition se range du côté du gouvernement. "Nous sommes là solidaires" a assuré François Hollande pour qui "dès lors que les autorités nigériennes l'ont souhaité, il était légitime, il était même nécessaire que les forces françaises contribuent à retrouver nos jeunes ressortissants". Même soutien chez François Bayrou ou Ségolène Royal. Martine Aubry réclame néanmoins que "toute la lumière soit faite sur ce drame" et une réunion des responsables parlementaires est prévue ce lundi à Matignon. Quant au PC, il estime que ce "drame rappelle aux autorités françaises la responsabilité de tout faire pour obtenir la garantie de la vie sauve et la libération de tous les autres otages français".
Car 5 Français enlevés eux aussi au Niger restent entre les mains d'Aqmi. Et le précédent de Michel Germaneau peut aujourd'hui faire craindre pour leur vie. Ce retraité avait en effet été tué par ses ravisseurs (Al-Qaïda au Maghreb Islamique) en juillet, en représailles, semble-t-il, à un raid lancé par les armées française et malienne contre un camp de terroristes.
Mais les négociations ne semblent pas non plus aboutir pour les otages enlevés en septembre. Elles n'ont d'ailleurs mené à rien dans le cas de Michel Germaneau (Aqmi a même nié qu'elles aient eu lieu). Elles avaient néanmoins permis la libération de Pierre Camatte en février, après 3 mois de détention. Sa liberté avait été échangée contre celle de 4 islamistes détenus au Mali.
L'usage de la force pose néanmoins toujours question. Ce fut encore le cas cette fois. Un premier contact entre les ravisseurs des 2 jeunes Français ce week-end et l'armée nigérienne s'était transformé en échange de coups de feu. Mais il avait abouti à la fuite des terroristes, les militaires craignant notamment pour la vie des otages.
Caroline Magnan (DioraNews)