Christian Jacob lors d'une conférence de presse à l'Assemblée Nationale.
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L'idée de Christian Jacob a mis les syndicats dans un grand état de stress. Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale passe son temps à expliquer qu'il "ne faut pas s'interdire (...) de réfléchir à la pertinence de l'embauche à vie des fonctionnaires". Cette petite phrase n'a pas tardé à faire mouche et déclencher un véritable tollé.
L'ancien ministre suggère "à l'avenir, des contrats d’objectifs sur cinq ou dix ans, qui permettraient à des gens de passer du secteur privé au secteur public et vice versa". S'il admet les difficultés de cette formule pour les ministères régaliens, il l'envisage, "par exemple, dans l'équipement ou la recherche".
La CGT a été la première à dégainer. Le syndicat estime que l'ex-ministre de la Fonction publique est "totalement à côté la plaque" et "démagogique". "S'il s'agit de recruter des agents en CDD, il y en a déjà plus que dans le privé" clame Jean-Marc Canon, secrétaire général de la CGT Fonction publique. Pour Elisabeth David de l'Unsa, "cela paraît assez contradictoire à trois ou quatre jours d'une négociation" sur la "déprécarisation dans la Fonction publique". Christian Jacob "veut instaurer ce dont on ne veut même pas dans le secteur privé, c'est absolument ahurissant" déplore Anne Baltazar de Force Ouvrière. Pour Brigitte Jumel de la CFDT, "joindre l'incertitude à la précarité, l'inutile au désagréable, cela commence à suffire". le Parti socialiste accuse l'ex-ministre de vouloir "museler" et "tenir en laisse" les fonctionnaires. Attaquer leur statut est "purement et simplement une attaque contre l'Etat de droit".
Même à droite, on reste surpris par la sortie de l'ancien ministre. Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, a lui aussi pris ses distances avec Christian Jacob. Il affirme être "très attaché au statut de la Fonction publique". Il n'y a "pas matière" à le remettre en cause, l'emploi à vie est "une garantie du statut".
Cette tempête intervient quelques jours après le tohu-bohu et la réflexion de Manuel Valls sur la remise en cause des 35 heures. De nombreux membres de l'UMP n'ayant pas hésité à s'engouffrer dans la brèche. Ce qui avait profondément agacé l'Elysée.
Michel Barisano (DioraNews)