Question du 28 décembre 2010 Lire la question de ce jour

Les excuses du patron de la SNCF sont-elles suffisantes ?

validez

le sujet

Le président de la SNCF, Guillaume Pépy, promet de faire toute la lumière Le président de la SNCF, Guillaume Pépy, promet de faire toute la lumière - © Photo AFP

Ils ont fini par arriver les 600 passagers du Strasbourg-Port Bou-Nice, après 26 heures de périple. Un calvaire diront certains d'entre eux. Tant et si bien que le patron de la SNCF en personne leur a envoyé une lettre d'excuses. Guillaume Pépy a confirmé les indemnisations promises: le voyage sera remboursé et un aller-retour sur le même parcours sera offert par l'entreprise. Mais certains des voyageurs, victimes de treize heures de retard, n'entendent pas en rester là.


Guillaume Pepy a admis que la série d'incidents n'était "pas admissible" tout en la jugeant "tout à fait exceptionnelle", dans une lettre aux passagers datée de mardi dont l'AFP a obtenu copie. "Je veillerai personnellement à ce que l'enquête ordonnée ait les suites nécessaires", a-t-il dit, en s'attardant notamment sur le "changement de conducteur (qui) devait être assuré" à Belfort, et ne l'a pas été. "La 'planification' du conducteur de relève a été, par une erreur grave, annulée. Les conditions météorologiques ont rendu la recherche d'un conducteur disponible puis son acheminement en taxi depuis Lyon extraordinairement longs. L'enquête ordonnée dira, d'ici lundi 3 janvier, si une autre solution existait", a déclaré le patron de la SNCF.


De son côté, SUD-Rail a affirmé que la direction de la SNCF savait depuis la veille de l'incident que le conducteur n'était pas disponible. "Ce conducteur a été renvoyé chez lui par la direction SNCF", a déclaré sur RTL Stéphane Boulade, secrétaire fédéral du syndicat. "Elle savait très bien, la direction SNCF, que le conducteur en question [...] n'était pas à Belfort puisqu'il était à Lyon". D'autres syndicats, la Fédération CGT des cheminots et la CFDT Cheminots de Strasbourg, ont plus largement remis en cause la politique de la SNCF, l'accusant de se "détourne(r) du service public" et de faire des "économies coupables".


Pas sûr donc que le mea culpa de la SNCF suffise pour les passagers : certains d'entre eux affirment vouloir créer une association et porter plainte. "Cette action serait basée sur la mauvaise exécution par la SNCF de ses obligations contractuelles", a déclaré Me Fanny Deetjen, avocate à Montpellier et... passagère du train. Une mauvaise exécution, le mot est faible. "Il y a une incompétence de gestion humaine de la SNCF qui est hallucinante. Ils n'en ont rien à faire qu'on ne mange pas, qu'on ne boive pas. Le pire c'est que personne ne nous a tenu au courant" de rien, s'est écrié Ralph Lidy, un autre passager. Qui décrit des conditions de voyage très dures. En milieu de journée, un plateau-repas, avec une bouteille d'eau, a été servi aux passagers: "il y avait 300 plateaux-repas pour 600 passagers", affirme-t-il. De toute façon, "c'était froid et immangeable". "Les toilettes, d'une saleté repoussante, étaient inutilisables. C'est inadmissible", a déploré Ralph Lidy, qui était accompagné de sa femme et de deux enfants, âgés de 8 et 11 ans.


Une série d'incidents "exceptionnelle" qui arrive au moment où la SNCF souhaite augmenter ses tarifs plus fortement encore, pour pallier à ses dépenses d'entretien du réseau. La hausse du prix des billets de TGV devrait atteindre 2 à 3%.

Antoine Laquet (DioraNews)
réagissez
 

les dernières réactions à l'article

voir mon journal de réactions aide
Aucune réaction encore postée
médiathèque
flashs info
AFP - Le JT de 12H
diaporamas
Une contorsioniste se produit avant la...
photos
Présidentielle en Egypte: un islamiste contre...
vidéos
Natation : Manaudou bat son record sur 50m dos
écofinances

sports
Le rallye de Grèce en direct