Le projet des ZAPA vise l'interdiction dans certaines villes des véhicules "les plus polluants"
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C'est une annonce qui commence à faire beaucoup de bruit. Révélé par le Parisien ce mercredi, le projet des Zones d'Action Prioritaires pour l'Air (ZAPA) vise l'interdiction dans certaines villes des véhicules "les plus polluants". Une expérimentation prévue par le Grenelle de l'environnement. Clairement visés: les 4x4 et les vieux diesels.
Un comité de pilotage a été créé pour Paris, réunissant la mairie, les villes voisines de banlieue, la région Ile-de-France et la préfecture de police. Au total, six collectivités (Grand Lyon, Grenoble Alpes-Métropole, Clermont Communauté et Pays d'Aix) avaient été retenues le 8 décembre pour mettre en oeuvre cette expérimentation des ZAPA. Des zones où "l'accès aux véhicules contribuant le plus à la pollution atmosphérique sera limité, voire interdit".
"Nous allons faire une étude sur l'année 2011 pour une expérimentation qui pourrait prendre place en 2012", a précisé Denis Baupin, adjoint à l'environnement de Paris. Il y a quatre scénarios envisagés pour cette restriction: "Deux scénarios concernent la zone à l'intérieur du périphérique, ou le périphérique, l'A86 et les autoroutes d'Ile-de-France. Deux autres scénarios concernent des axes que sont Paris (intra-muros) ou tout ce qui est à l'intérieur de l'A86".
Pour l'élu écologiste, il s'agira d'étudier les différents scénarios en fonction de leur faisabilité, des impacts environnementaux, sociaux et économiques. C'est le ministère de l'Ecologie qui devrait ensuite créer un étiquetage des véhicules, "un peu comme les lave-vaisselle ou les réfrigérateurs qui ont des notes A,B,C,D,E,F,G". La marge de manoeuvre des collectivités consisterait à choisir ce qu'elle interdit, par exemple les véhicules estampillés "G et F ou seulement les G", poursuit Denis Baupin.
"On souhaite inciter les gens à acheter les véhicules les moins polluants et les constructeurs à arrêter de construire des véhicules polluants." L'adjoint au développement durable rappelle que dans l'agglomération parisienne, "plusieurs milliers de personnes décèdent chaque année parce que le niveau de particules fines est trop élevé. Ces personnes ont une durée de vie raccourcie de dix ans". Ses détracteurs lui rétorquent qu'il s'agit plutôt d'une discrimination monétaire, excluant d'emblée les familles modestes n'ayant qu'un seul véhicule Diesel "ancien" et pas les moyens de le remplacer ou de s'en passer. Sans oublier que c'est la France qui a encouragé au maximum les constructeurs à favoriser le Diesel.