Laurent Gbagbo réclame le départe des troupes internationales
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Laurent Gbagbo réclame son départ et l'un de ses plus acharnés supporters la soupçonne de "préparer un génocide". Installée en Côte d'Ivoire depuis 2002, la force Licorne et ses 900 soldats français sont aujourd'hui sur la sellette. De même que l'ONUCI, la force onusienne qu'elle appuie.
Les pro-Gbagbo accusent ces forces impartiales d'avoir transporté et fourni des armes aux anciens rebelles des Forces nouvelles (FN) alliés à Alassane Ouattara. Le camp Gbagbo dénonce les "ingérences" de la communauté internationale qui, depuis le début du mois, n'a cessé d'appeler Laurent Gbagbo à se retirer et à reconnaître la victoire de son opposant, Alassane Ouattara. Et l'accusation se fait encore plus virulente quand elle vise la France, ancien pays colonisateur.
"Nous allons défendre la dignité et la souveraineté de notre pays jusqu'à la dernière goutte de notre sueur", a affirmé Charles Blé Goudé, ministre de la Jeunesse de Gbagbo qui appelle le peuple ivoirien à "se préparer au combat". En 2003 et 2004, déjà, ce même Blé Goudé, à la tête de ses "jeunes patriotes", avait mené d'intenses manifestations anti-françaises. Elles faisaient suite à des bombardements d'un cantonnement militaire de la force Licorne à Bouaké, auquel la France avait répliqué en détruisant l'aviation ivoirienne. Après les manifestations d'Abidjan, 8 000 ressortissants étrangers, essentiellement français, avaient alors quitté la Côte d'Ivoire. Et plus de 50 Ivoiriens étaient tombés sous les balles françaises.
En réalité, dès le début du conflit, en 2002, la France est au coeur du conflit. Elle fut le premier pays à intervenir, pour protéger ses ressortissants, après le coup d'État avorté de Robert Guei. Mais dès le départ, son intervention est mal acceptée par chaque camp qui l'accuse de poursuivre des intérêts néo-colonialistes. Et l'ultimatum lancé par Nicolas Sarkozy à Laurent Gbagbo n'apaise pas les tensions. Le président français a enjoint son homologue proclamé à quitter le pouvoir "avant la fin de la semaine" sous peine de sanctions.
Michèle Alliot-Marie a également appelé ce dimanche Laurent Gbagbo à "retenir ses troupes". Et la ministre des Affaires étrangères ajoute que la demande de départ de la force Licorne n'a "aucun sens". Mais elle précise que les soldats français ne sont pas là "pour s'interposer entre les Ivoiriens". "C'est à la force internationale d'agir" le cas échéant, selon elle. "Ce n'est pas à eux (les Français) de s'interposer et ils ne feront pas".
Caroline Magnan (DioraNews)