Question du 10 décembre 2010 Lire la question de ce jour

Des policiers en prison pour avoir menti : trouvez-vous la sanction justifiée ?

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A l'annonce du jugement, des policiers se sont rassemblés pour protester devant le tribunal. A l'annonce du jugement, des policiers se sont rassemblés pour protester devant le tribunal. - © Photo AFP

Le préfet de Seine-Saint-Denis se dit "très étonné". Brice Hortefeux estime que le jugement peut "légitimement apparaître, aux yeux des forces de sécurité, comme disproportionné". Vendredi, sept policiers ont été condamnés par le tribunal de Bobigny à des peines de six mois à un an de prison ferme pour avoir accusé un homme à tort. Pour cinq d'entre eux, la peine signifie également la fin de leur carrière, car elle est assortie d'une inscription au casier judiciaire.

Les faits remontent au mois de septembre. Après une course poursuite avec un automobiliste qui avait refusé d'obtempérer lors d'un contrôle routier, un policier avait été heurté par une voiture et blessé à la jambe. Le hic: c'est par une autre voiture de police qu'il avait été heurté. Les fonctionnaires s'étaient alors mis d'accord pour accuser, dans leur procès-verbal, le conducteur de la voiture qu'ils poursuivaient. Placé en garde à vue, et malgré des coups qui lui ont valu 5 jours d'incapacité de travail, celui-ci avait néanmoins toujours nié les faits, jusqu'à ce que l'accusation s'effondre. Trois policiers ont finalement reconnu avoir menti.

Pourtant, ils ne s'attendaient pas à une peine aussi lourde. Le procureur lui-même n'avait requis que trois à six mois de prison avec sursis, lors d'un réquisitoire durant lequel il avait pourtant comparé les policiers dans cette affaire à la Gestapo.

Dès l'annonce du jugement, des dizaines de policiers se sont réunis devant le tribunal pour protester. Ils mettent notamment en cause les magistrats qu'ils accusent de laxisme. "Ce tribunal est connu pour receler les pires idéologues de la culture de l'excuse quand il s'agit de remettre dehors à tour de bras les trafiquants de stupéfiants, braqueurs, auteurs de tentatives d'homicide, etc.", a déclaré Synergie-Officiers. Pour l'avocat d'un des policiers: "les raisons politiques l'emportent, il faut nourrir la vindicte des cités". Et il évoque à demi-mot le cas récent d'un trafiquant de drogue présumé remis en liberté par un juge des libertés et de la détention de Bobigny au grand dam des policiers.

Pour plusieurs avocats, néanmoins, la réaction de colère des policiers est malvenue face à une affaire "pas reluisante pour la police".

Caroline Magnan (DioraNews)
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