"S'il y a 20 millions de gens qui retirent leur argent, le système s'écroule"
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A l'origine, c'est une simple petite phrase lors d'une interview: "s'il y a 20 millions de gens qui retirent leur argent, le système s'écroule [...] La révolution se fait par les banques". Depuis, un site internet et un groupe Facebook ont repris l'appel d'Eric Cantona à retirer son argent des banques, le mardi 7 décembre.
Comme l'indique le site www.bankrun2010.com, les fondateurs du mouvement cherchent à créer une panique bancaire ("bank run"). Souvent associé à la crise de 1929, ce phénomène ne s'est plus produit depuis qu'en de très rares occasions (Russie en 1998, Argentine en 2001, Royaume-Uni en 2008...). En France, pour atteindre un tel "bank run", les spécialistes estiment qu'il faudrait retirer plusieurs centaines de millions d'euros... en quelques heures.
Alors que sur la page dédiée du réseau social Facebook, plus de 38 000 internautes s'étaient inscrits samedi après-midi pour participer au mouvement "Révolution! Le 7 décembre, on va tous retirer notre argent des banques". Environ 30 000 autres envisageaient "peut-être" de s'y joindre. Un élan de sympathie encore bien insuffisant pour avoir le moindre impact économique.
"Au stade actuel, l'action citoyenne n'a que très peu de chances de déclencher un mouvement de retrait généralisé, susceptible de menacer les banques", considère l'association altermondialiste Attac. D'autant que le risque d'énormes files d'attente paraît faible. La France compte environ 40 000 agences et plus de 53 000 distributeurs de billets. De plus, pour que le "système s’écroule", il faudrait qu'il n'y ait plus d'entrées d'argent. Or, en France, le versement en liquide d'un salaire est impossible s'il dépasse 1 500 euros. Il faudrait donc que les clients qui gagnent plus de 1 500 euros repassent à la banque pour revider leurs comptes.
"C'est grotesque et irresponsable. Cantona en conseiller financier, ce n'est pas très sérieux [...] A chacun son métier, et les vaches seront bien gardées!", a brocardé le ministre du Budget François Baroin dans une interview à France-Soir. Christine Lagarde avait également renvoyé Eric Cantona dans ses buts. "Chacun son métier. Il y en a qui jouent magnifiquement au football, je ne m'y risquerai pas. Je pense qu'il faut intervenir chacun dans ses compétences", avait réagi mercredi dernier la ministre des Finances.