Martine Aubry à Lille.
- © Photo AFP
Martine Aubry a dû sortir de son silence. Il faut dire que Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Manuel Valls l'ont bien aidée. La patronne du PS à donc tapé du poing sur la table et mis un terme aux atermoiements autour du calendrier des primaires. Un calendrier qui agite le parti.
Elle a choisi la presse écrite pour développer sa pensée et ses idées. En donnant une interview au Journal du Dimanche, Martine Aubry a fait une sortie remarquée. Elle met ainsi un terme à un silence que bon nombre au PS trouvait étrange depuis l'annonce de la candidature de Ségolène Royal il y a 6 jours. Et sa garde rapprochée la pressait d'intervenir au plus vite. Il n'aura pas fallu la pousser bien longtemps pour qu'elle remette de l'ordre dans la maison socialiste.
"Mon rôle n'est pas celui d'un commentateur politique" a tenu à souligner rapidement la dirigeante du PS. A tous ceux qui la poussent à changer le calendrier des primaires, elle rétorque : "J'annoncerai ma décision personnelle en juin, comme notre calendrier le prévoit". Martine Aubry assume une certaine rigidité que d'autres déplorent. Et elle l'explique : "Moi, j'ai un devoir : préparer la gauche à gagner en 2012 et à réussir après. Le rôle du capitaine, c'est de tenir fermement la barre, de maintenir le cap et d'amener l'équipage à bon port, ce n'est pas de se laisser distraire par le clapotis des vagues". Comprenne qui pourra. Ségolène Royal n'est pas oubliée dans le règlement de comptes d'Aubry. Celle-ci expédie la candidature de la présidente de la région Poitou-Charentes en quelques phrases grinçantes : "Les socialistes qui pensent pouvoir diriger la France ont le droit d'être candidats" mais "j'observe que la patience ne pousse pas dans tous les jardins. Quand on a vocation à diriger le pays, on se doit d'être serein et responsable". Voilà qui est dit. Pas sûr que cela fasse vaciller Ségolène Royal mais quand même...
La plupart des candidats déclarés ou potentiels réclament une accélération du calendrier. Ce dernier est jugé trop tardif et seulement taillé pour permettre à DSK de rester le plus longtemps possible à la tête du Fonds monétaire international avant de revenir en France.
Michel Barisano (DioraNews)