Ségolène Royal salue au balcon du siège du PS, le soir du second tour de la présidentielle, le 6 mai 2007
- © Photo AFP
Au diable le fameux "pacte" avec Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry... Ségolène Royal a pris les devants lundi en annonçant qu'elle était candidate à la candidature socialiste à l'élection présidentielle, dans un entretien à La Nouvelle République du Centre Ouest et Centre Presse.
A la question "Etes-vous candidate aux primaires du Parti socialiste", la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes répond: "J'ai longuement réfléchi et beaucoup consulté. Le moment est venu d'avancer dans la clarté et la simplicité: ma réponse est oui". L'ex-candidate à l'élection présidentielle de 2007 est la troisième personnalité socialiste à se déclarer officiellement, après Manuel Valls et Arnaud Montebourg.
Mardi sur France Inter, Ségolène Royal a développé les raisons de son engagement anticipé: "il faut du temps pour convaincre les Français", "la droite est en campagne, "les Français doutent de l'efficacité de la politique". Elle a affirmé avoir "consulté" ses deux principaux rivaux, se défendant de semer le trouble, et a même tenté d'embarquer Dominique Strauss-Kahn, grand favori des sondages, dans sa propre stratégie. Elle a assuré mardi qu'il serait "le meilleur chef de gouvernement que la France pourrait avoir", indiquant qu'elle verrait avec lui "le meilleur dispositif gagnant" pour les primaires en juin, date de dépôts des candidatures. Tenu par son absolu devoir de réserve, le patron du FMI ne se laissera pas bousculer et ne dira rien, lâche son entourage.
Silence radio également du côté de Martine Aubry. Et pour cause. La première secrétaire du PS avait affirmé mercredi dernier que Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal et elle-même proposeraient "une candidature véritablement ensemble" aux primaires. Et d'affirmer: "Nous avons déjà dit que nous réfléchissons ensemble, comme Ségolène a dit qu'elle souhaitait réfléchir avec nous et donc nous proposerons une candidature véritablement ensemble, c'est-à-dire pas l'un contre l'autre ou l'une contre l'autre". Ce que Ségolène Royal a garanti ensuite: en tout état de cause, il n'y aura "pas de compétition et de guerre des égos" entre Martine Aubry, DSK et elle-même.
Le porte-parole adjoint de l'UMP, Dominique Paillé, avait ironisé dès lundi soir sur l'annonce de Ségolène Royal. "Je note qu'entre les candidats déclarés et ceux qui le seront dans les prochains mois, il y aura bientôt plus de compétiteurs à la primaire que d'adhérents au PS".