Lors d'une rencontre avec la presse, le président aurait qualifié des journalistes de "pédophiles"
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Après le "descends un peu", le "casse-toi pov'con" et le "fais pas le malin", un nouveau coup de sang du président agite la toile et les médias. Vendredi dernier, lors d'une rencontre informelle avec la presse en marge du sommet de l'OTAN, Nicolas Sarkozy aurait explosé en réponse à une question sur l'affaire Karachi.
Il souhaitait dénoncer les journalistes qui, selon lui, ne font pas sérieusement leur travail et relayent des "on-dits". "Mais écoutez, on est dans un monde de fous. Il n'y en a pas un seul parmi vous qui croit que je vais organiser des commissions et des rétro-commissions sur des sous-marins au Pakistan?", se serait énervé le président. "C'est incroyable et ça devient un sujet à la télévision. Et vous, j'ai rien du tout contre vous. Il semblerait que vous soyez pédophile... Qui me l'a dit? J'en ai l'intime conviction. Les services. De source orale. Pouvez-vous vous justifier?". Une accusation qui se voulait au second degré mais qui s'est poursuivie lorsque le président, quittant la salle, ajoute "c'est sans rancune, hein, le pédophile" et "amis pédophiles, à demain!".
Après son départ, le service de presse de l'Elysée, inquiet de la tournure de cet échange, réclame au Portugal que les bandes soient effacées puisque l'entretien n'était pas officiel. Les journalistes respectent dans un premier temps ce "off" mais l'information finit par être diffusée par l'Express avant d'être très largement reprise. Le Monde a néanmoins estimé que ce "n'était pas une information" et a choisi de ne pas en faire état. Pierre Moscovici, lui, estime qu'il n'est "pas possible que le président de la République insulte les journalistes, ni qui que ce soit". Et le député socialiste en appelle à "la dignité" de la fonction présidentielle.
Ce n'est pas la première fois que le président s'en prend vigoureusement à la presse avec laquelle il entretient depuis plusieurs années des relations d'amour/haine à rebondissements. Rien que la semaine dernière, lors de son interview télévisée, il s'était montré assez peu tendre envers ses interlocuteurs, pourtant eux-mêmes critiqués par leurs collègues pour leur manque de pugnacité.
Caroline Magnan (DioraNews)