Le livre d'entretiens "Lumière du monde" doit être traduit en 18 langues
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Pour la première fois, un pape brise le tabou du préservatif. Benoît XVI admet son utilisation "dans certains cas", "pour réduire les risques de contamination" du virus du sida. Dimanche, le Vatican a nuancé. Cela constitue tout de même un pas en avant très loin de son image de pape ultra-conservateur, même s'il ne remet pas en cause l'opposition de l'Eglise à ce moyen de contraception.
Dans un livre d'entretiens "Lumière du monde", qui sort mardi en Allemagne et en Italie, le pape a évoqué clairement le sujet. A la question "l'Eglise catholique n'est pas fondamentalement contre l'utilisation de préservatifs ?", le souverain pontife répond: "dans certains cas, quand l'intention est de réduire le risque de contamination, cela peut quand même être un premier pas pour ouvrir la voie à une sexualité plus humaine, vécue autrement".
Pour illustrer son propos, Benoît XVI donne un seul exemple, celui d'un "homme prostitué", considérant que "cela peut être un premier pas vers une moralisation, un début de responsabilité permettant de prendre à nouveau conscience que tout n'est pas permis et que l'on ne peut pas faire tout ce que l'on veut".
Dimanche après-midi, le Saint-Siège a toutefois tenu, de manière tout à fait inhabituelle, à publier un communiqué pour souligner "le caractère exceptionnel" de l'éventuelle utilisation du préservatif, soulignant, face aux attentes de responsables et militants de la lutte contre le sida, que "le raisonnement du pape ne peut pas être considéré comme un tournant révolutionnaire".
Le directeur du programme Onusida, Michel Sidibé, a qualifié de "pas en avant significatif et positif" la position du pape: "cette avancée reconnaît qu'un comportement sexuel responsable et l'usage du préservatif ont un rôle important dans la prévention du VIH-sida".
L'an dernier déjà, lors du synode sur l'Afrique, le cardinal ghanéen Peter Kodwo Appiah Turckson avait défendu l'usage du préservatif, en particulier quand un membre d'un couple est contaminé. De nombreuses voix s'élevaient en ce sens dans le monde catholique de ce continent, dont sont issus pas moins de quatre des nouveaux cardinaux consacrés ce week-end.
"La brèche est ouverte", s'est félicité dimanche un responsable de l'association Chrétiens et sida. "Le préservatif doit permettre d'arrêter le virus. Il est non seulement utilisable mais il doit être utilisé", selon Gérard Guérin. Près de 8 000 personnes infectées par le VIH meurent chaque jour dans le monde.