Nicolas Sarkozy assure que le régime des retraites sera "excédentaire" en 2020
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C'était sa première intervention télévisée depuis le 12 juillet dernier. Le président a été interviewé mardi soir sur TF1, France 2 et Canal Plus. Depuis le salon Murat de l'Elysée, Claire Chazal, David Pujadas et Michel Denisot lui ont posé tour à tour des questions, en commençant directement par le remaniement.
Le chef de l'Etat a assuré que François Fillon était "le meilleur Premier ministre de la France" et qu'il y avait une "grande confiance" entre eux, parlant d'une relation sans "aucun nuage". "Le choix d'un Premier ministre n'est pas un choix de confort", a déclaré Nicolas Sarkozy au sujet de la re-nomination de François Fillon à Matignon. "Il est le choix de la stabilité dont la France a besoin", précisant que ce gouvernement Fillon III ira jusqu'au bout du quinquennat.
Le président a ensuite salué le travail du ministre de l'Ecologie. "J'ai pour Jean-Louis Borloo de l'amitié, beaucoup d'estime. Il a très bien géré toutes les crises", a-t-il ajouté citant Xynthia et la toute récente crise des carburants. "Il a été à la hauteur de la situation et un jour Jean-Louis Borloo rendra d'autres services à la France".
Concernant la question de l'immigration, le chef de l'Etat a tenu à souligner que "si on ne maîtrise pas les flux migratoires, on organise le "collapse" (l'effondrement) de notre système d'intégration. La France n'acceptera pas l'immigration clandestine [...] J'ai renoncé à l'identité nationale comme mots parce que cela avait créé des problèmes, mais sur le fond des choses je n'y renonce pas".
Au sujet de la réforme des retraites, Nicolas Sarkozy s'est montré satisfait: "Il n'y a pas eu de violences", lors des différentes journées de mobilisation. Le président a même félicité les syndicats qui ont été "responsables". Tout en s'affirmant conscient de la nécessité de renouer le dialogue avec les partenaires sociaux, il a défendu une nouvelle fois son texte, tenant à "rendre un hommage signalé" à l'ancien ministre du Travail. "Eric Woerth a suscité mon admiration par son courage et sa dignité dans la réforme des retraites. C'est un homme profondément honnête et quand il sera sorti de ses ennuis, j'espère qu'on pourra retravailler ensemble".
S'adressant aux Français, il se veut rassurant: "Sachez qu'il y a l'argent pour payer vos retraites. En 2020, le régime sera excédentaire". La réforme qui vient d'être promulguée va rapporter 42 milliards d'euros par an d'après lui. Interrogé sur "l'antisarkozysme" apparu dans ces manifestations, il a concédé qu'il devait "se remettre en question". Evoquant les exemples de Barack Obama, Angela Merkel ou Jose-Luis Zapatero, dont la popularité est également mise à mal, le chef de l'Etat a conclu: "C'est normal que le président, qui est responsable, soit celui qui porte la colère, l'inquiétude et la mauvaise humeur des gens".
Enfin, une réforme de la fiscalité se profile en juin 2011. "On va vers une suppression du bouclier fiscal, de l'ISF et la création d'un impôt sur le patrimoine". Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il voulait créer "un nouvel impôt" consistant à "taxer les revenus et les plus-values du patrimoine", réaffirmant aussi qu'il n'y aurait "pas d'augmentation d'impôts" globale.