Question du 15 novembre 2010 Lire la question de ce jour

Jean-Louis Borloo a-t-il encore un avenir politique ?

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"Je préfère retrouver ma liberté de proposition et de parole au service de mes valeurs", assure Jean-Louis Borloo - © Photo AFP

Il a voulu retrouver sa "liberté de parole". Très souriant, Jean-Louis Borloo a quitté lundi le ministère de l'Ecologie, au terme de sa passation de pouvoir avec Nathalie Kosciusko-Morizet qu'il a chaleureusement embrassée. Pressé par les très nombreux journalistes de faire une déclaration, le président du Parti radical n'a pas rompu le silence qu'il a décidé d'observer depuis dimanche et s'est engouffré dans une voiture qui a immédiatement démarré.


L'ex-N.2 du gouvernement, grand perdant de la course à Matignon, avait annoncé la veille "avoir choisi de ne pas appartenir" au futur gouvernement. Objectif affiché: servir à la tête du Parti radical des valeurs qui "ne sont pas de circonstances" au gouvernement, selon les termes de l'ex-ministre de l'Ecologie. "Le plus souvent, j'ai accompli mes réformes malgré François Fillon. Il fut presque toujours mon principal opposant", a-t-il déclaré au journal Le Monde daté de mardi.


A 18 mois de la présidentielle, la nouvelle équipe Fillon a fait la part belle aux chiraquiens historiques du RPR, qui se partagent les grands ministères régaliens et la tête du parti présidentiel, qui sera incarnée - mercredi vraisemblablement - par Jean-François Copé. Le centre est finalement réduit à la portion congrue avec deux ministres centristes contre sept précédemment: l'ex-MoDem Michel Mercier à la Chancellerie et l'ex-porte-parole du Nouveau Centre Maurice Leroy à la Ville.


Jean-Louis Borloo et Hervé Morin réfléchissent donc à une nouvelle stratégie de recomposition du centre dans la perspective de 2012, après un remaniement illustrant à leurs yeux la "mainmise de l'UMP-RPR" sur l'exécutif et le parti présidentiel. Plusieurs centristes au sein même de l'UMP ou dans les partis alliés font plus ou moins ouvertement écho à ce cri du coeur pour dénoncer un gouvernement "monocolore".


"Le centre veut désormais faire entendre sa différence dans une majorité qui ne cesse de se réduire à une peau de chagrin", prévient Laurent Hénart, N.2 du Parti radical. Le patron de la Gauche moderne (allié de l'UMP) Jean-Marie Bockel, également évincé de l'exécutif, se dit d'ores et déjà prêt à participer à une "confédération des centres". Enfin, le président du Nouveau Centre Hervé Morin, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles pour 2012, explique vouloir "faire en sorte que les centristes puissent porter un projet autonome pour la présidentielle" en plaidant pour "un centrisme de construction".


Tous ces sujets devraient être évoqués lundi soir lors de la réunion des ténors du centre convoquée par le patron des radicaux, puis lors d'une rencontre mardi entre Jean-Louis Borloo et Hervé Morin.

Antoine Laquet (DioraNews)
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