Le Premier ministre britannique David Cameron en Chine
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C'est une mesure-choc qui nous vient d'outre-Manche. Le secrétaire d'État britannique au Travail, Ian Duncan Smith, propose que les chômeurs de longue durée travaillent gratuitement pendant un mois, sous peine de perdre leur allocation chômage pendant 3 mois. Une proposition révélée par la presse britannique ce week-end qui n'en finit pas de susciter de vives critiques.
La facture des allocations coûte chaque année 190 milliards de livres sterling (220 milliards d'euros) au Royaume-Uni. Les conseillers à l'emploi seront chargés d'imposer cette mesure à des chômeurs qui auraient "abandonné toute recherche d’emploi" ou seraient soupçonnés "d'exercer une activité non déclarée". Il s'agirait de "remettre les chômeurs dans une routine du travail", explique une source proche du ministère britannique du Travail au Guardian.
Ces 30 heures par semaine de travail bénévole, donc non rémunéré, consisteraient essentiellement en tâches d'intérêt général comme le ramassage d'ordures, le balayage des rues ou l'entretien des parcs et jardins. Quelque 5 millions de personnes sont inscrites au chômage et touchent des allocations, dont 1,4 million de longue durée, selon les chiffres du gouvernement Cameron.
La fureur des associations de défense des chômeurs et de l'opposition ne s'est pas fait attendre. "Il nous faut des réformes qui traitent les chômeurs avec dignité et qui ne soient pas des insultes", s'est insurgé lundi le Child Poverty Action Group (Association de lutte contre la pauvreté infantile). "Les membres du gouvernement devraient tout simplement avoir honte", a estimé John Trickett, un député travailliste spécialiste de l'exclusion.
Quant à importer l'idée en France, il n'en est pas question. "Ça déclencherait une guerre sociale", affirme sur france24.com Fabienne Levy, responsable pour les questions de travail au Parti radical, le mouvement de Jean-Louis Borloo. Elle concède simplement au gouvernement britannique que le "chômage de longue durée nécessite de trouver des idées novatrices".
Pourtant, une mesure dans le même esprit avait aussi été envisagée par Nicolas Sarkozy, lors de la campagne de 2007. Comme le révèle le blog Les Dessous du Social, celui qui n'était alors que candidat à la présidentielle l'avait écrit "écrit noir sur blanc page 7, section 4 intitulée 'Réhabiliter le travail' de son projet pour la France". L'actuel président avait écrit: "Je ferai en sorte que les revenus du travail soient toujours supérieurs aux aides sociales et que les titulaires d'un minimum social aient une activité d'intérêt général, afin d'inciter chacun à prendre un emploi plutôt qu'à vivre de l'assistanat".
Lundi sur RMC, le secrétaire d'Etat au Logement a jugé l'idée du gouvernement Cameron intéressante. "Maintenant, c'est très compliqué à organiser. Parce que quand vous avez 2 millions, 3 millions de chômeurs [...], trouver une activité de 30h par semaine pour 3 millions de personnes, c'est quelque chose d'excessivement compliqué à organiser", a poursuivi Benoist Apparu. "Étendre le recours au stage et à la formation pourquoi pas", note à gauche, Alain Vidalies, secrétaire national au Travail et à l'Emploi. Mais ces "travaux forcés" ne sont ni plus ni moins en France que l'équivalent "des condamnations en justice aux travaux d’intérêt général".