Michel Houellebecq chez Drouant, le restaurant où est proclamé le nom du lauréat
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Le plus prestigieux des prix littéraires a été attribué lundi à Michel Houellebecq. Les jurés de l'Académie Goncourt ont consacré l'enfant terrible de la littérature française pour son roman "La carte et le territoire", au premier tour par 7 voix contre 2 à Virginie Despentes. C'est la première fois depuis 1980 que le Goncourt est attribué à un livre publié chez Flammarion. Et c'est aussi la première fois qu'un sociologue est lauréat.
Depuis son premier roman "Extension du domaine de la lutte en 1994", l'auteur quinquagénaire n'a cessé d'écrire sur la réalité sociale, notamment sur la misère sexuelle de l'homme moderne, mais aussi sur les états dépressifs, le développement durable, etc. Dans son 5e roman salué par une critique quasi unanime, Michel Houellebecq éreinte l'art, l'amour, l'argent ou les "people". Best-seller depuis sa sortie début septembre, "La carte et le territoire" s'est arraché à plus de 130 000 exemplaires.
C'est d'ailleurs en véritable rock-star que Michel Houellebecq a été accueilli chez Drouant. "C'est une sensation bizarre, mais je suis profondément heureux", déclare-t-il, presque intimidé. "Il y a des gens qui ne sont au courant de la littérature contemporaine que grâce au Goncourt, et la littérature n'est pas au centre des préoccupations des Français, donc c'est intéressant".
L'écrivain français vivant le plus connu à l'étranger avait été évincé du Goncourt en 1998, avec "Les particules élémentaires", et 7 ans plus tard, à une voix près, avec "La possibilité d'une île". Petite consolation pour Virginie Despentes: elle décroche le Renaudot avec "Apocalypse bébé" (Grasset).
La semaine dernière, l'actualité littéraire avait été très riche. Le Prix de Flore 2010 avait été décerné jeudi à Abdellah Taïa pour "Le jour du roi" (Seuil). Maylis de Kerangal avait reçu mercredi le prix Médicis pour son 7e roman "Naissance d'un pont" (Verticales). Le prix Femina avait été attribué mardi à Patrick Lapeyre pour "La vie est brève et le désir sans fin" (P.O.L). A méditer...