94% des Français se déclarent favorables à une loi autorisant l'euthanasie dans certains cas
- © Photo AFP
"Qu'attendent le président de la République et la ministre de la Santé pour permettre un débat au Parlement et respecter la volonté des Français?". C'est le cri d'alarme poussé par l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD).
Son président, le conseiller régional (PS) d'Ile-de-France Jean-Luc Romero, "demande à Roselyne Bachelot de laisser enfin les parlementaires de la majorité travailler en conscience et sans influence, comme elle s'y est engagée concernant les lois de bioéthique et contrairement à ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale en novembre 2009". Les députés avaient alors rejeté une proposition de loi du PS.
Mais en juin dernier, des sénateurs ont annoncé à leur tour leur intention de déposer une proposition de loi sur la légalisation de l'euthanasie. Et ce, dès l'automne. "Si le gouvernement, une fois encore, bloque le texte, il continuera d'opposer les désirs d'une ultra-minorité religieuse à la volonté des Français qui réclament une loi de liberté", a estimé Jean-Luc Romero.
Il ne croit pas si bien dire. Car une très forte majorité de Français (94%) se déclarent favorables à une loi autorisant l'euthanasie dans certains cas. C'est ce qui ressort d'un sondage CSA pour Sud-Ouest Dimanche publié dimanche.
Cette adhésion générale est en augmentation de 6 points par rapport à 2001, note l'institut. 58% des personnes interrogées estiment que la loi devrait la permettre seulement "dans certains cas", comme une maladie incurable. Et 36% pensent "que l'euthanasie devrait s'appliquer à toutes les personnes atteintes de maladies insupportables et incurables", souligne l'enquête qui montre que "l'opinion apparaît plus favorable à l'euthanasie qu'au début de la décennie, mais dans un cadre plus réglementé qu'auparavant".
Dans le détail, ce sont les jeunes qui se révèlent plus opposés à l'euthanasie (11% des 18 à 24 ans contre 6% en moyenne). Par ailleurs, "l'appartenance religieuse influe largement sur l'adhésion" à une loi qui se révèle plus facilement acceptée par les personnes se déclarant sans religion (43% approuvent l'euthanasie dans tous les cas contre 36% en moyenne), le refus culminant parmi les musulmans (42% contre 6% en moyenne).
Elle suscite également une certaine opposition chez les catholiques pratiquants: 17% refusent totalement une législation tandis que 68% acceptent une législation prévoyant l'euthanasie dans "certains cas". Des "cas" retentissants dans l'opinion publique comme les affaires de Saint-Astier, Chantal Sébire ou encore Vincent Humbert.