Les camions en file pour remplir leur réservoir à la raffinerie de Frontignan
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Nicolas Sarkozy sonne la charge. Le président a annoncé mardi qu'il allait prendre des mesures contre les blocages dans les raffineries et pour que "l'ordre soit garanti", alors que le nombre des manifestants a été compris entre 1,1 et 3,5 millions en France lors de cette 6e journée de mobilisation.
"Je comprends l'inquiétude. Dans une démocratie, chacun peut s'exprimer mais on doit le faire sans violence et sans débordement. Je tiendrai dès mon retour à Paris une réunion pour débloquer un certain nombre de situations, parce qu'il y a des gens qui veulent travailler et qui ne doivent pas être privés d'essence", a déclaré le chef de l'Etat à Deauville, où il participait à un sommet franco-germano-russe.
Sur le terrain, ce n'est pas la paralysie absolue, mais c'est quand même une situation délicate, voire dangereuse pour certains secteurs de l'économie. Les distributeurs de carburant vont "mutualiser les stocks de réserve" et "mettre en oeuvre de nouveaux moyens de transports" pour alimenter les stations-service, a annoncé le président de Union française des industries pétrolières (UFIP) à l'issue d'une réunion à Matignon. Objectif: "normaliser la situation dans les jours qui viennent". Un plan d'acheminement de carburant a été mis en place mardi matin.
Il faudra "quatre à cinq jours avant que la situation redevienne normale" pour l'approvisionnement, a assuré François Fillon. Intervenant devant les députés lors de la séance des questions d'actualité au gouvernement, le Premier ministre a affirmé que les déblocages de dépôts pétroliers allaient se poursuivre, "pour assurer le fonctionnement du pays".
Selon le chef du gouvernement, une vingtaine de dépôts de carburants (sur 219) sont actuellement bloqués. Son ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, estime pour sa part à "un peu moins de 4 000" (sur 13 000) le nombre des stations-service en attente d'approvisionnement.
François Fillon a affiché une fois de plus sa fermeté: "Le gouvernement doit assurer le fonctionnement de notre pays, parce que personne n'a le droit de prendre en otage un pays tout entier, son économie et ses emplois. La Constitution de notre République prévoit le droit de grève qui doit être respecté, elle ne prévoit pas le droit de bloquer le pays, son économie et ses emplois".
Illustration immédiate de son discours dans l'après-midi: le dépôt pétrolier de Bassens en Gironde a été débloqué par les CRS, comme d'autres auparavant. Des actions qui reçoivent un accueil plutôt favorable dans l'opinion. Selon un sondage Viavoice pour Libération à paraître mercredi, 54% des Français sont contre le blocage des raffineries.