Les lycéens ont pris une place remarquée dans les cortèges
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Les lycéens ont fait ce mardi une entrée remarquée dans les cortèges de manifestants. Selon le ministère de l'Education, 357 lycées ont été perturbés par des mouvements de grève. Au niveau national, l'Union nationale lycéenne en a même compté 800 dont 300 bloqués et 90 000 lycéens dans les rues, aux côtés des 60 000 autres jeunes décomptés par l'Unef, le 1er syndicat étudiant.
"La retraite, une affaire de jeunes", s'est baptisé le mouvement qui dénonce une "réforme injuste qui entraînera une plus grande précarisation des jeunes". "On commence à travailler beaucoup plus tard et on nous demande de travailler plus longtemps..." explique Massira Baradji, président du syndicat lycéen Fidl.
Mais leur engagement fait débat. François Fillon a ainsi traité "d'irresponsable", la "tentation de l'extrême gauche et d'une partie du PS" de "mettre des jeunes de 15 ans dans la rue". Luc Chatel et Raymond Soubie avaient déjà, ces derniers jours, accusé la gauche "d'instrumentaliser" les jeunes. Lycées, la branche lycéenne des Jeunes populaires a renchéri, dénonçant ceux qui "plutôt que d'expliquer aux lycéens les vrais enjeux de la réforme, ne cherchent qu'à agiter et manipuler les lycéens pour le compte de l'opposition". Le président des Jeunes Pop, benjamin Lancar a même été plus violent, dénonçant des lycéens "victimes de la pensée unique, du terrorisme bienpensant de la Gauche" qui "ont 17 ans et manifestent pour des enjeux économiques et sociaux dont ils ignorent le contenu".
Bertand Delanoé a répliqué que "si les jeunes ne s'intéressent pas à ce qui va leur arriver quand ils auront travaillé 40, 42 45 ans, ce serait une jeunesse irresponsable". "La jeunesse de France est inquiète pour son avenir, pour son système éducatif, pour son emploi, et elle ne peut pas supporter d'être manipulée par le gouvernement", ajoute Laurianne Deniaud, présidente des Jeunes socialistes. "La droite trouve normal qu'un jeune soit responsable pénalement à 13 ans, qu'il ait le droit de vote à 18 ans (mais) elle trouve illégitime qu'(il) s'exprime" sur les retraites, s'étonne Benoît Hamon. Quant aux organisations lycéennes, elles défendent leur capacité à penser par elle-même et rejettent les accusations de manipulations.
Caroline Magnan (DioraNews)