La manifestation de mardi contre la réforme devrait mobiliser beaucoup de mécontents
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Jean-Claude Mailly espère que le mouvement de ce mardi rassemblera 2 millions de manifestants dans les rues. Les perturbations, qui s'annoncent importantes dans les transports comme dans les services publics, devraient même débuter dès ce lundi. Certains syndicats de l'Éducation nationale ont appelé à débrayer dès le début de la semaine. Et la SNCF débutera comme d'habitude le mouvement ce lundi à 20h.
Pourtant, les Français sont prêts à supporter ces blocages. 70% d'entre eux seraient favorables au mouvement, selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France. La courte majorité qui jugeait "acceptable" de reculer l'âge légal de départ de la retraite de 60 à 62 ans, point clé de la réforme, s'est érodée en septembre (53% contre 58% en juin). Lorsque cette question avait été posée sur une manifestation sur le même sujet en mai 2008, seuls 43% des Français trouvaient la manifestation justifiée.
Par ailleurs, selon un autre sondage (Harris Interactive pour RTL), une majorité de Français (60%) estiment que le ministre du Travail Eric Woerth ne devrait plus mener la réforme. Enfin, "71% des Français estiment que le gouvernement devrait faire des concessions", opinion "partagée par tous profils même si les sympathisants de droite ne sont que 45% à la partager, contre 95% des sympathisants de gauche". Claude Guéant a d'ores et déjà annoncé que le gouvernement ferait, "dans le courant de la semaine", "des propositions supplémentaires" sur la pénibilité, les longues carrières et les polypensionnés. Mais il a prévenu que "le fond" de la réforme ne pouvait "pas changer" car "la réforme est nécessaire".
Nicolas Sarkozy a toujours dit qu'il s'attendait à une forte mobilisation syndicale sur ce sujet dont il a fait un enjeu majeur de son quinquennat. Et il confie que "le plus dur est devant (eux)" à propos de cette réforme. D'autant qu'entre l'affaire Woerth qui n'en finit pas, son offensive sécuritaire qui passe mal et les divisions au sein de son camp, une très forte mobilisation pourrait peser lourd sur ses marges de manoeuvre.
Caroline Magnan (DioraNews)